Les marchandises à destination de Madagascar devront d’ici peu subir un contrôle avant embarquement. C’est la décision prise à l’issue de la réunion qui s’est déroulée dans le cadre de la Plateforme des échanges ce jeudi 15 juillet 2010 au siège de la Chambre de commerce et d’industrie à Antaninarenina. Ont pris cette décision, divers groupements d’opérateurs composés des grossistes et importateurs, de défenseurs des consommateurs, et les ministres concernés, entre autres celui du Commerce (Freddie Mahazoasy), celui des Finances (Hery Rajaonarimampianina) et celui de la Santé.
Les motifs invoqués sont connus : l’afflux de produits alimentaires et cosmétiques surtout qui sont avariés ou qui sont périmés ou d’autres produits qui ne répondent pas aux normes sanitaires ou aux normes qualité. Les effets vestimentaires et articles textiles sont également cités car non seulement on dénonce des articles désuets et trop usés mais surtout leur affluence est en train de tuer les industries locales. Dans le même ordre d’idée, ces articles d’importation font trop souvent de la concurrence déloyale. Bref, il faut non seulement défendre les consommateurs mais aussi les industries locales et leurs productions.
Une commission composée de représentants de toutes les entités impliquées dans le processus a été créée pour définir ce contrôle et sa faisabilité. Même si l’initiative est bénéfique pour les consommateurs et les industries locales, donc pour la nation, le coût financier que ce contrôle avant embarquement pourrait entraîner n’a pas été aussi longuement relaté lors de la rencontre avec la presse. Il convient en effet de dire que ce contrôle a été présenté comme une mesure qui vient compléter le contrôle aux frontières exercé après débarquement qui lui même n’est pas gratuit. Bientôt donc, les importations malgaches seront doublement imposées ou taxées avant que les articles ne parviennent aux consommateurs. Les caisses de l’État s’étofferont certainement au même titre que celles des sociétés auxquelles seront confiées cette tâche. Le porte monnaie du consommateur et la qualité de vie des ménages le seront-ils eux aussi, car l’importateur et le grossiste et le détaillant ne peuvent que rentrer dans leurs frais et déterminer leur marge bénéficiaire ?
Plus d’un citoyen lambda soupçonnent dans cette initiative, une manière pour l’État de s’assurer une autre source de recettes au moment où il doit renoncer ou réduire les taxes et redevances prélevées sur les produits pétroliers.




