Réagissant aux menaces de suspension de solde des enseignants fonctionnaires, de suspension des subventions aux enseignants Fram et de ruptures de contrats pour les enseignants contractuels, le syndicat SEMPAMA envisage à partir de ce lundi 7 mai la fermeture de tous les établissements scolaires publics. Pour être clair, le ton est de plus en plus dur de part et d’autre et le bras de fer est de plus en plus intense entre le ministère de l’Éducation nationale et les enseignants du SEMPAMA. Ce syndicat, s’exprimant par la voix de son président Claude Raharovoatra, s’est en effet indigné des propos du ministre de l’Éducation qui, à son avis sont de la pure provocation. Le SEMPAMA promet alors comme réplique, la fermeture de tous les établissements scolaires à compter de ce jour.
On ne sait si les forces de l’ordre pourraient intervenir pour imposer les directives du ministre de l’Éducation nationale du moment que les chefs d’établissement scolaire de la capitale par exemple leur feraient signe. Que feront également les parents d’élèves ? Et les élèves qui ont rejoint leurs professeurs ou du moins le siège du ministère de l’Education nationale et qui réclamaient encore vendredi 4 mai dernier, la résolution des problèmes pour qu’ils puissent achever l’année scolaire et affronter les examens officiels ; que feront-ils ? Certains enseignants membres du SEMPAMA estiment en tout cas que les propos du ministre Manoro Régis sont de simples intimidations mais qu’il n’en sera rien de tout ce qu’il a dit car le SEMPAMA est toujours ouvert au dialogue quoi qu’on dise.
Ces syndicalistes espèrent que le président de la transition interviendra en leur faveur et apportera le remède adéquat aux maux qui gangrènent le corps des instituteurs et professeurs de collège et de lycée qui exercent dans les établissements publics. Plus d’uns évoquent son intervention en faveur des hommes en armes ou encore en faveur des enseignants du SECES.
D’ailleurs, soutiennent des profs de lycées, ce ne sont guère les ressources de l’État qui manquent car il y a encore les 100 millions de dollars de « pas de porte » de WISCO et puis les autres revenus des exportations de l’ilménite de QMM, et d’ici le second semestre, les revenus des exportations de nickel et de cobalt du projet Ambatovy qui vont aller croissant ; dès lors, ils ne comprennent pas les réticences ou le refus du ministre des Finances à se pencher sérieusement sur les 210 milliards d’ariary à des fonctionnaires qui sont à la base de tout développement.
Il est vrai que les enseignants des établissements scolaires publics ont tardé à manifester ; ils auraient dû s’exprimer aussitôt que ceux de l’enseignement supérieur public animés par le SECES ont déclenché leur mouvement et du coup ce mouvement tardif des instituteurs et professeurs de collèges et de lycées est perçu comme louche sinon à caractère politique. Mais cela n’empêche pas leur revendication d’être des plus légitimes. Leur refuser certaines considérations n’est ni plus ni moins qu’une pure discrimination ; c’est réduire à la médiocratie les écoliers et élèves qu’ils ont la charge d’instruire et d’éduquer et promouvoir la division des Malgaches en deux classes de plus en plus distinctes : celle des riches qui peuvent payer des écolages et celles qui doivent se contenter de ce que les dirigeants veulent bien leur offrir comme enseignants et comme enseignement. Mais le problème dans l’immédiat va se poser car les examens officiels sont généralement sinon exclusivement organisés par des enseignants des établissements publics. Si jamais ces examinateurs et ces membres de jurys décident eux aussi d’adhérer au mouvement du SEMPAMA et d’observer la grève, qu’adviendra-t-il ?
Pour l’instant, le constat est amer. L’enseignement public est gravement malade. Si l’on devait croire aux dirigeants, il faut se contenter du peu qu’ils peuvent faire pour soulager le mal mais c’est à la 4e République de soigner et d’apporter des remèdes aux maux dont souffrent les instituteurs et professeurs du SEMPAMA.







