Par la voix de sa présidente Lalao Randriamampionona et un communiqué, l’organisation de la société civile CCOC a déploré les messages ambigüs de la diplomatie française vis-à-vis des récents développements politiques à Madagascar, et plus précisément vis-à-vis des décisions d’Andry Rajoelina de rompre les accords de Maputo, de maintenir les ministres du gouvernement Monja Roindefo II en les plaçant sous l’autorité de Camille Vital, et d’organiser des élections législatives pour le 20 mars 2010.
D’un côté, le ministre Bernard Kouchner lors d’une conférence de presse le 22 décembre avait déclaré : « Finalement les négociations n’ont pas abouti à ce que l’on souhaité. Maintenant, M. Rajoelina propose un autre Premier ministre. Je comprends que cela ne satisfasse pas tout le monde, mais si l’on va vers les élections, c’est quand même la solution. Des élections libres et contrôlées ». Ceci avait laissé le sentiment que Paris n’était pas complètement opposé à des élections organisées unilatéralement.
De l’autre, le porte-parole du Ministère des Affaires Étrangères, Bernard Valero, dans son point de presse du 23 décembre avait déclaré : « La France invite l’ensemble des parties malgaches à reprendre le dialogue afin de renouer avec le consensus indispensable à toute sortie de crise. A cet égard, la prochaine réunion du Groupe international de contact, reportée au mois de janvier à la demande des autorités malgaches, n’a pas d’autre ambition que d’aider à la mise en oeuvre d’un schéma de sortie de crise, défini entre Malgaches.
La tenue d’élections dès le mois de mars 2010 ne pourra contribuer à une solution durable que si leur organisation offre des garanties suffisantes de transparence, de contrôle par une commission électorale indépendante et la supervision par des observateurs internationaux. »
Estimant que l’on est là face à un double langage, le CCOC met en avant les points suivants :
• Toutes les conditions de réussite pour la tenue d’élections libres et transparentes ne sont pas garanties dans la démarche unilatérale et dans le laps de temps proposé ;
• La tenue d’élections dans un cadre non consensuel pourrait être une solution à courte vue pour sortir Madagascar de la crise, mais ne peut être nullement une solution à long terme. Celle-ci ne serait qu’une nouvelle source de conflit.
• Les accords de Maputo dont la Charte des Valeurs qui ont été signés par les quatre mouvances appellent au respect de la parole donnée.
Le CCOC reste convaincu que la sortie de crise passe par le dialogue et la solution consensuelle et inclusive et sans la force. Il invite donc la France, afin que personne ne puisse se prévaloir d’un appui exclusif qui empêcherait la résolution consensuelle de la crise, à être le garant du respect des principes démocratiques et des accords internationaux.
Recueilli par Yann





