Après trois tentatives de retour au pays, la quatrième tentative de l’épouse de l’ancien Président de la République, Lalao Ravalomanana, avait semblé porter ses fruits. En effet, celle-ci a débarqué hier à 14 heures à l’aéroport international d’Ivato via la compagnie sud africains Air link. Elle était accompagnée par Guerguana Ravalomanana, l’épouse de son fils Josoa. Mais les deux femmes allaient ensuite être embarquées de force par des policiers sur le premier vol international, celui à destination de Bangkok.
Contrairement à ce qui s’était passé au mois de février, la tentative de retour de Lalao Ravalomanana s’est faite dans une certaine discrétion. En effet, si les partisans de Marc Ravalomanana étaient venus massivement l’accueillir à l’aéroport d’Ivato en février dernier, la plupart d’entre eux n’ont pas été avertis hier de cette arrivée de Lalao Ravalomanana. L’ex Première dame a été retenue à son arrivée à l’aéroport par la police de l’air selon Mamy Rakotoarivelo, chef de la mouvance Ravalomanana. « La police de l’air a appellé le Premier Ministre, Omer Beriziky, qui a donné son accord à l’entrée de Mme Ravalomanana sur le territoire malgache » a annoncé à l’AFP Mamy Rakotoarivelo avant d’ajouter que « le président Marc Ravalomanana a pris la décision de faire rentrer sa femme Lalao à son retour des Seychelles. Je ne peux pas vous dire si il en a parlé avec Andry Rajoelina, le président de la Transition lors de leurs discussions mercredi aux Seychelles ».
La suite des événements allait démentir l’optimisme de Mamy Rakotoarivelo. Pendant trois heures d’attente dans le salon VIP, Lalao Ravalomanana avait le temps d’exprimer à la presse sa joie de passer quelque temps au pays pour rendre visite à son fils. Elle expliquait que ne s’intéressant pas à la politique, elle ne savait pas si son retour précédait celui de son mari, ni s’il avait un rapport avec la rencontre des Seychelles.
Vers 16 heures, la presse était priée de quitter le salon d’honneur. La délégation de la mouvance Ravalomanana était invitée à faire de même une demi-heure plus tard. Ce fut de loin que l’on constata vers 17 h qu’un important groupe de policiers évacuait les deux femmes du salon. Guerguana Ravalomanana tentait de résister, mais était forcée de sortir de l’enceinte. Plus tard, Tojo Ravalomanana affirmait à la presse que sa belle-soeur avait été blessée au bras dans l’incident. Il s’inquiétait que les deux femmes soient envoyées à Bangkok, sans argent ni visa ; les policiers les escortant n’avaient même pas de passeport, ajoutait-il.
Maître Hanitra Razafimanantsoa relevait que Lalao Ravalomanana avait le droit de rentrer au pays, étant une nationale malgache n’ayant jamais fait l’objet de condamnation.
Dans un communiqué de presse, les services de communication de la Présidence qualifiaient cette tentative de retour de « provocation », décidée de manière « unilatérale » et « irresponsable » qui violait les résolutions adoptées lors du face-à-face tenu aux Seychelles.
C’est la quatrième fois que l’ex première dame de l’État essayait de rentrer au pays. Les deux premières tentatives étaient faites avec son mari. En janvier 2012, ils étaient même déjà dans le ciel de Madagascar mais avaient été contraints de rebrousser chemin, suite à la décision de l’État de faire poser l’avion à Morondava. En février cette fois, Lalao Ravalomanana tentait de rentrer seule, mais la compagnie Air Link avait reçu une lettre du ministère des Transports malgache, que ce dernier justifiait par la nécessité de mettre la compagnie face à ses responsabilités en cas de troubles à Antananarivo. Suite à cette lettre, cette compagnie sud-africaine avait prié Lalao Ravalomanana de descendre de l’avion.
Recueillis par Vonjy et Yann







