Le membre du Conseil supérieur de la transition (CST), le général Désiré Philippe Ramakavelo, est encore une fois sorti de sa réserve ce mardi 16 août devant la tension sociale qui est montée d’un cran avec le procès d’un porte-parole des agents des Douanes et la grogne qui monte également du côté des fonctionnaires. L’État ne devrait pas montrer des comportements répressifs ou de terrorisme moral devant les manifestations de revendications sociales ou professionnelles des administrés, explique-t-il. Ces manifestants, poursuit-il, défendent leurs droits, qu’ils soient étudiants ou fonctionnaires ; et au lieu de considérer leur mouvement comme des actes d’atteintes à l’ordre public, il serait plus judicieux de les écouter et de réfléchir à la manière de résoudre les problèmes auxquels ils sont confrontés.
Au moment où le CST en session se penche sur la question de la sortie de crise, le général Désiré Philippe Ramakavelo déclare que la HAT ferait par exemple mieux, avec tout l’argent qu’il affecte à de grands projets mirobolants, de régler les problèmes des enseignants FRAM. Ce général de l’Armée de développement à la retraite et ancien ministre de la Défense n’est pas la seule voix discordante dans cette institution de la transition car le problème actuel touche aussi la gouvernance du territoire et des cadres de l’État également.
Le syndicat des administrateurs civils (Synac) vient ce 16 août de lancer un appel à la suspension des concours d’entrée à l’École nationale des administrateurs (ENAM). La raison en est simple : au moins 100 administrateurs civils sont flottants, comme les administrateurs le disent dans leur jargon ; plus simplement, ils ne sont pas affectés aux postes qui leur sont dévoués. Le Synac relève que depuis deux ou trois ans, on cherche aussi à diviser le corps des administrateurs en promouvant des corps spécifiques à quelques ministères. Il recense aujourd’hui des administrateurs du ministère de la santé, des administrateurs du ministère de la fonction publique, des administrateurs du ministère de l’intérieur. Or de l’avis du Synac, il ne peut y avoir qu’un seul corps des administrateurs et les formations que les sortants de l’ENAM ont acquises leur permettent de servir l’Administration dans tous ses démembrements et échelons.
À certains égards, cette interpellation des administrateurs civils ressemble à un coup de poing sur la table dans le contexte politique actuel où des appels au changement de gouvernement et des tirs croisés contre la structure la transition se sont intensifiés. La rencontre nationale des administrateurs civils qui se déroulera très prochainement à Antsiranana promet, après que la conférence des évêques catholiques ait lancé son appel à l’introspection et à se pencher sur le social de la population.







