Les sanctions ciblées sont tombées mais leur mise en œuvre est délicate. Le ministre de la Haute autorité de transition en charge de la Sécurité intérieure laisse entendre que ces sanctions ne sont pas encore appliquées. Le comportement de la France officielle est ambigu quand elle dit qu’elle prend note ; celui de l’ambassade de France laisse penser que pour l’instant les sanctions ne s’imposent qu’aux pays de l’Union Africaine. Le doyen de la HAT, Daniel Ramaromisa, est parti pour la France ; il a obtenu un visa alors qu’il figure sur la liste éditée par l’UA des personnalités objet d’interdiction de voyager et de gel des avoirs à l’étranger. Certaines sources font croire que Daniel Ramaromisa a lui aussi la nationalité française. Ce qui pose encore problème car on se demande si les personnalités dirigeantes qui figurent dans la liste étaient alors à la fois de nationalité française et de nationalité malgache, la France peut-elle leur interdire de rentrer dans leur pays adoptif ?
Mais ce qui préoccupe le plus, c’est l’attitude des membres de la HAT qui brandit des menaces de sanctions contre les leaders des trois mouvances. À certains égards, ils sont en train de mater toutes les manifestations pour répondre aux sanctions qui ont été prises à leur encontre. Les leaders du mouvement des ecclésiastiques déplorent depuis le week end dernier des arrestations à la suite desquelles deux personnalités ont été placées sous mandat de dépôt ; sans raison valable selon des pasteurs du mouvement des ecclésiastiques, mais pour avoir porté atteinte à la sécurité de l’Etat selon les autorités judiciaires.
Parallèlement à tout cela, on clame haut et fort du côté des anti-HAT que les descentes dans la rue ou les appels dans ce sens ne devront cesser tant que la HAT ne cède pas. Ce qui ne promet rien de serein car à ce rythme, la « guérilla urbaine » ne peut que s’intensifier et les arrestations et accrochages risquent de se multiplier ; fussent-ils localisés, tout cela ne conduit que vers le chaos.
Est-ce le changement tant réclamé ? La HAT est-elle à bout d’arguments et n’a plus d’imagination ou a perdu le sens de la créativité pour tomber dans la répression et être tentée par la purge jusque dans les entreprises dans lesquelles l’État est partie prenante ? On sait en effet qu’un nouveau responsable vient d’être désigné à la tête de la société d’assurance ARO. Il semble que le directeur général précédent ait déplu pour ne pas avoir fait suffisamment d’actions pour recouvrer les créances de ARO auprès du groupe Tiko.




