Après le ministère de la Communication qui a haussé le ton et averti la presse qu’après les campagnes de sensibilisation et d’apprentissage du métier qu’il lui a dispensé, elle pourrait s’attendre dorénavant à des sanctions, c’est maintenant la Grande muette qui sort de son silence. Le Service de l’information et de la communication de l’Armée a diffusé une déclaration de mise en garde à l’intention des publications/diffusions de la presse (toutes formes confondues) qu’elle estime comme étant des affirmations gratuites sans aucun fondement et diffamatoires, qui portent donc atteinte à l’honneur du militaire et à l’intégrité du citoyen.
Ainsi l’Armée réclame l’arrêt immédiat de ce genre de calomnie. Elle se dit prête à prendre les dispositions légales contre les organes de presse qui, d’après elle, font exprès d’enfreindre aux lois, qui font de la subversion et qui portent atteinte à l’ordre public.
Encore une fois, la presse est dans le collimateur de ceux qui sont au pouvoir. Elle est taxée d’être fauteur de trouble et de participer à des manœuvres de subversion. On lui brandit la loi et les réglementations. Maintenant ce sont les hommes en armes qui montent au créneau et lui rappellent qu’ils sont dans leur droit de sévir contre la presse subversive. On se demande pourquoi une telle initiative à l’endroit de toute la presse car cette interpellation donne l’impression d’une forme de terreur quand elle survient le lendemain de critiques de la presse contre les décisions prises en Conseil de ministres de promotion à foison d’officiers généraux et d’officiers supérieurs.
Le ministère de la Communication a déjà rendu publics les divers droits des lecteurs, ou les manières de se défendre contre toute publication qu’un citoyen, un groupe de personnes ou une institution jugeraient nuisible à leur endroit. Pourquoi l’Armée n’en fait-elle pas usage à l’endroit de l’organe ou de l’émission incriminé ? Pourquoi s’adresser à toute la presse comme si c’est toute la presse qui était la cible de cette déclaration ?





