Si le projet Ambatovy a mobilisé beaucoup de main d’oeuvre au cours de la phase d’investissement, il emploiera nettement moins de monde une fois la phase d’exploitation démarrée en 2011. Et malgré les annonces du projet en matière de formation et de relocalisation des populations, la nervosité monte chez ceux qui craignent d’être laissés pour compte.
À Toamasina, les ouvriers de la société Keangnam, sous-traitant intervenant dans le projet Ambatovy, semblent être devenus le principal foyer de contestation sociale. Avec en arrière plan des inquiétudes pour l’emploi, mais aussi des revendications dont la teinte ethnique trouble l’harmonie sociale dans le grand port.
Les ouvriers de Keangnam constatent que plusieurs embauches récentes ont été faites à Antananarivo. Ils dénoncent que les originaires de Toamasina sont trop peu nombreux à être embauchés par le projet Ambatovy pour la phase exploitation. Et ils exigent en conséquence qu’une préférence régionale soit appliquée, et revendiquent que de même, les agents déjà sous contrat bénéficient d’une priorité par rapport aux nouveaux venus.
Dans une lettre, la société Keangnam Ltd a répondu que des offres d’emploi ont déjà été proposées aux personnes résidentes à Toamasina, et que la recherche d’autres candidats ne se fait qu’après constat de l’absence de profils adéquats. Ce qui semble avoir accru les craintes que le recrutement soit désormais achevé.
Le conflit social a dégénéré en grève le 27 août dernier, grève accompagnée de barrages à l’entrée du site. Les ouvriers ont tenté une sortie de la zone où se situe l’usine pour aller vers le centre-ville de Toamasina vendredi 3 septembre dernier. La manifestation a cependant été bloquée par un barrage des forces de l’ordre qui ont d’abord tenté de persuader les ouvriers de se disperser, avant de faire usage de grenades lacrymogènes.
Un calme relatif a suivi au cours de la fin de semaine.
Recueilli par Yann





