De qui se moquent-ils, ces nouveaux dirigeants qui se targuent de renouveau alors que leurs faits et gestes dénotent le contraire ? Ces membres de la HAT nous ont promis de nouvelles pratiques de gouvernance qui balaieront, selon eux, les anciennes qui étaient fortement entachées d’égoïsme, de népotisme….
Quelle ne fut pourtant notre surprise en entendant que l’ancien DG des Douanes, celui de l’époque de Ravalomanana, celui-là même qui, a-t-on compris depuis la Place 13 mai, a laissé passer sous silence des millions, voire des milliards de nos francs de taxes douanières impayées, a été reconduit à sa propre succession au sein de cet organe financier ô combien délicat. Celui-là même que l’on peut taxer, jusqu’à preuve du contraire, de complice des magouilles financières du président déchu, est ainsi à même de brouiller les pistes sur les éventuelles tentatives d’éclairer l’opinion publique sur les diverses malversations qui ont, ou auraient, été perpétrées par Ravalomanana et le groupe TIKO au sein de cet organisme.
D’après des sources généralement bien informées, la reconduction de cette personne pourtant si abhorrée par ses pairs au sein de la douane émanerait des plus hautes de nos instances dirigeantes actuelles, et elle se serait même faite en dépit de l’avis contraire du ministre de tutelle, c’est-à-dire du ministre des Finances et du Budget. Pour bien d’observateurs, un début d’explication sur cette « folie », car nous ne pouvons trouver un terme plus approprié pour qualifier un tel acte, de la HAT y trouverait son origine.
En effet, quelques têtes pensantes auprès du Président de HAT lorgneraient (le conditionnel est de rigueur) sur le siège de Benja Razafimahaleo et font ainsi des pieds et des mains pour le détrôner. Dans ce dessein, tout leur est bon, pourvu que le Grand Argentier chute : grève prévisible de tous les agents de la douane après cette reconduction de Vola Razafindramiandra avec comme suite logique l’éviction du ministre qui « n’aura pas su gérer comme il se doit cette crise au sein de son département ». En fait une crise voulue qui sera le prétexte idéal de leur noir dessein.
Si tel était vraiment le cas, Andry Rajoelina devrait y regarder à deux fois avant d’avaliser les (mauvais) conseils de son entourage qui, pour certains, ne pensent qu’à leur propre personne. Sinon, s’il a pris cette décision en toute connaissance de cause, grand bien lui fasse, mais on ne peut tout de même pas s’empêcher de penser qu’il y a quelque part une volonté de perpétuer les pratiques de l’ancien président.





