Deux mandats d’arrêt contre Marc Ravalomanana ont été tout récemment transmis aux forces de l’ordre, a révélé la presse hier.
Les deux mandats d’arrêt ne constituent pas en eux-mêmes des nouveautés, car ils sont respectivement datés du 23 mars 2010 et du 30 août 2010. Ils font suite aux condamnations de l’ex-Président à cinq ans de travaux forcés pour l’affaire des remblais d’Andohatapenaka et aux travaux forcés à perpétuité pour la tuerie du 7 février 2009.
C’est leur transmission par le Procureur général auprès de la Cour d’appel, le Secrétaire d’État à la Gendarmerie nationale et le Directeur général de la Police nationale ce samedi 17 septembre, soit le lendemain même de la signature de la feuille de route à Ivato, qui surprend. Coïncidence ou non, la ministre de la Justice, Christine Razanamahasoa avait évoqué publiquement ce même jour l’arrestation de Marc Ravalomanana.
Le commandant de la circonscription interrégionale de gendarmerie d’Analamanga, le général Richard Ravalomana, laissait entendre ce mardi 20 septembre sur la chaîne de télévision TV Plus que l’existence de ces mandats avait été le sujet principal de la rencontre tenue entre de hauts responsables de l’armée et la mission ministérielle de la Troïka de la SADC au cours de la soirée du vendredi 16 septembre, soit juste avant la cérémonie de signature de la Feuille de route. D’une source auprès du ministère des affaires étrangères et des déclarations du général Richard Ravalomanana, il ressort qu’une note verbale aurait déjà été transmise aux autorités sud-africaines afin de permettre l’extradition. Outre Marc Ravalomanana, 5 autres personnes seraient ciblées par cette demande.
Toujours d’après les mêmes sources, un juge d’instruction accompagné de 5 éléments de la gendarmerie et de 5 éléments de la police judiciaire seraient missionnés pour procéder à cette arrestation. Les moyens matériels seraient en cours de préparation : ordres de missions, passeports de service et affrètement d’un avion spécial. Il reste cependant à savoir si l’Afrique du Sud entend donner une suite favorable à une telle demande d’extradition, alors qu’il n’existe pas de traité en ce sens entre ce pays et Madagascar. On peut sérieusement en douter dans les circonstances actuelles.
La mouvance Ravalomanana déplore en tout cas ces démarches, qui révèlent selon elle la mauvaise foi de la HAT. Mamy Rakotoarivelo rappelle qu’il y a eu des militaires et des civils qui ont commis des pillages et un coup d’État en 2009 et qui n’ont pas été inquiétés. Maître Hanitra Razafimanantsoa qualifie d’entrave à la mise en oeuvre de la feuille de route la tentative d’exécuter ces mandats d’arrêt. Elle souligne que les procès ne pouvaient être équitables en l’absence de l’accusé, que celui-ci étant Président de la République au moment des faits, il ne pourrait être jugé par une Cour ordinaire, et que la ministre de la Justice était une militante de la place du 13 mai. L’avocate de Marc Ravalomanana souligne que les leaders de la place du 13 mai portent une lourde responsabilité dans les événements du 7 février 2009 ; elle rappelle surtout que l’article 16 de la Feuille de route précise qu’un terme doit être mis aux poursuites judiciaires en cours engagées à l’encontre des membres de l’opposition et qui pourraient apparaître comme fondées sur des motifs politiques.





