Le 21 avril 2009, dans un article intitulé « ci-gît la République mais les c..onneries continuent », je dénonçais les actes du pouvoir actuel, dans le domaine de l’orthodoxie de la gestion budgétaire et de l’économie. Je parlais des annonces faites en termes de financement de projets, sur simple passage de Marc, non pardon Andry Rajoelina. Je disais que Andry, non pardon Marc Ravalomanana, faisait exactement la même chose.
Patrick, dans son éditorial d’hier parlait des exonérations de taxes, concernant des importations relatives à des projets. Pour moi, les décisions correspondantes relèvent des mêmes erreurs (pour ne pas dire un autre mot déjà cité plus haut) dans le domaine de la gestion budgétaire en particulier, et de l’économie en général. Il y a quelque temps, Andry Marc Ravalomanana, décidait un matin en se levant d’exonérer de taxes des produits au mépris de toutes règles budgétaires, juridiques ou calcul économique. Il a failli mettre à genou tout un pan de l’économie de notre pays.
La raison évoquée pour exonérer de taxes les produits concernés est complètement farfelue : « Après débats, il a ainsi décidé d’accéder à ces trois demandes, le Président de la HAT ayant fait valoir que tous ces matériaux ou matériels, achetés ou offerts en dons, touchent directement l’intérêt du Peuple ».
Aux vues de cette raison incohérente, je voudrais demander à la HAT et en particulier à son Président qui a pris la décision finale : « quelles sont les importations qui ne touchent pas directement l’intérêt du peuple ? ». Si je décide d’ouvrir un restaurant à faible prix et accessible à tous, on va m’exonérer de taxes sur les produits importés car c’est « l’intérêt du peuple » ?
Si le raisonnement était cohérent, on devrait exonérer de taxes presque la totalité des produits importés : alimentaires, construction, véhicules utilitaires….
Pour le cas particulier de la reconstruction de l’Hôtel de Ville de Tana, je voudrais aussi demander des éclaircissements sur le point suivant : maintenant que le prince (qui va se prendre bientôt pour roi et puis dieu comme son prédécesseur) a décidé l’exonération de taxes d’importation pour les structures en aluminium, par conséquence logique, l’entreprise qui est chargée de la construction devrait baisser d’autant sa facture. Si ce n’est pas le cas, cela voudrait dire que cette entreprise va encaisser plus de plus-values (à partager avec certains décisionnaires publics ?), et c’est en fait le contribuable qui va payer les taxes. Mon raisonnement est imparable.
C’est primaire et basique mais une économie ne peut fonctionner que s’il y a des règles définies et claires qui permettent aux acteurs (État, Entreprises et Ménages) de participer en toute connaissance de cause.
Patrick a bien donné l’exemple des produits de menuiseries en aluminium. Si demain on reconstruit un autre bâtiment public, il va falloir aussi exonérer de taxes d’importation les mêmes produits ? En effet, la collectivité concernée serait en droit de porter plainte pour discrimination. Pourquoi uniquement la structure en aluminium ? pourquoi ne pas étendre aux ciments et autres fers ronds ? Quel sera alors l’intérêt pour une entreprise locale d’aller importer en masse et vendre ces produits localement ?
Je mets en cause aussi les ONG qui font des dons de toute sorte au mépris de la bonne marche de l’économie locale. Les ONG qui donnent des matériels usagés ou carrément vétustes dans le domaine de la santé ou autres ne mesurent nullement les impacts que cela entraîne sur l’économie locale. Cela veut dire tout simplement qu’aucun marché de matériels médicaux neufs ne pourra voir le jour dans notre pays car le risque est trop grand et que ce ne sera jamais rentable. Le pays va donc continuer à mendier, ou à importer à prix élevé des matériels neufs, pour cause de faible volume. Pour des raisons purement économiques, je suis contre toute exonération accordée à des ONG, dans quelque domaine que ce soit. L’impact à court terme et à moyen terme est plus néfaste que l’intérêt immédiat. On ne fait pas de l’économie avec de beaux sentiments.
Vous pouvez multiplier les exemples de ce type et vous verrez que c’est un des facteurs de blocage de l’économie que d’octroyer des avantages en termes de taxes, sur simple fait du prince. Faut-il rappeler à tout le monde que les recettes douanières, surtout dans notre pays, sont une part importante des recettes de l’État ? Toute décision d’exonération devrait être calculée en termes de manque à gagner pour le budget public, conséquence néfaste par rapport à l’économie locale.
On voit bien qu’en prenant des mesures d’exonération de taxes d’importation de ce genre, non seulement on ne défend pas l’intérêt du peuple, mais en plus on se moque totalement de son présent et de son avenir.
Si vraiment ce pouvoir de Transition veut se pencher sur « l’intérêt du peuple », version sémantique nouvelle du fameux « intérêt supérieur de la Nation », il faudrait qu’il pense plus au fait de savoir comment laisser rapidement ce pouvoir à de vraies personnes élues par ce même peuple, dont il prétend aujourd’hui défendre l’intérêt.





