Tribune.com : Qu’est-ce que « Tranoben’ny Tantsaha » ?
Raymond Ranaivojaona : C’est la chambre d’agriculture de Madagascar, qui a été créée en 2002. Les 3 premières années ont été consacrées à la mise en place des structures, au niveau de chaque district, de chaque région, et maintenant notre mission est de contribuer au développement agricole. Nous sommes pour l’instant un établissement public à caractère administratif. En décembre 2008, un projet de loi a été rédigé afin de changer ce statut en établissement public à caractère économique, mais avec la survenue des troubles politiques, cela n’a pas pu être finalisé. Nous espérons que ce projet de loi va finir par passer.
Comment pouvez-vous remplir cette mission de développement agricole ?
D’abord, nous assurons la représentation du monde agricole, à qui nous servons également de syndicat. Nous veillons aussi au suivi et à la mise en œuvre de la politique agricole menée par le ministère de l’Agriculture. Enfin nous avons une mission de service agricole. Nous servons d’interface, car nous rassemblons tous les acteurs du développement agricole : non seulement les paysans, mais aussi leurs partenaires et les opérateurs en amont et en aval de la production. Nous aidons aussi les agriculteurs de nos conseils administratifs, ou sur l’utilisation des financements qu’ils reçoivent.
Quelles sont les grandes lignes de la production agricole actuelle ?
Nous privilégions avant tout la sécurité alimentaire, qui passe par la riziculture, et quelques autres productions, dont le maïs et le haricot. À côté de cela, nous encourageons aussi les cultures de rente, notamment le girofle et le cacao, qui améliorent nettement les revenus des ruraux.
Et en ce qui concerne l’élevage ?
Notre politique actuelle est d’inciter les gens à faire des élevages de cycle court. Le zébu, c’est bien beau, mais c’est long, et plus adapté à certaines régions qu’à d’autres. Par contre, les porcs, les volailles, les lapins et les petits ruminants sont accessibles à tous. Sans compter les problèmes de vols qui sévissent pour les éleveurs de zébus. Finalement, l’élevage à cycle court est plus sécurisant sur tous les plans, et il améliore nettement le revenu.
Pouvez-vous revenir sur l’élevage de lapins ?
Cela fait 4 ans maintenant que la chambre d’agriculture œuvre au développement de l’élevage de lapins. C’est un élevage très porteur pour les exploitations agricoles, et notamment les exploitations familiales. Les paysans que nous avons appuyés (et qui se trouvent majoritairement sur les Hauts Plateaux) ont tellement de succès qu’ils n’arrivent pas encore à satisfaire la demande. Ceci est dû aussi à la petite taille des races locales de lapins. Nous avons cherché à importer d’autres races de La Réunion, mais les règles sont très strictes. Nous n’avons pas encore reçu d’autorisation pour ces importations, mais nous ne désespérons pas.
Qu’est-ce que les agriculteurs présents attendent de Fier-Mada ?
En fait, le but n’est pas vraiment la foire, mais plutôt l’après-foire. Vous voyez, si une organisation agricole vient sur ses propres moyens à une foire, dans l’immédiat elle est perdante. Mais ce sont les échanges qui vont se faire après la foire, grâce aux relations qui auront été établies pendant la manifestation, qui la rendront gagnante. C’est pour cela que les agriculteurs présents sont venus grâce à l’aide technique et financier d’organismes d’appuis, et ont été sélectionnées en fonction de l’impact attendu et de leur représentativité.
Propos recueillis par Mona M.






