MOn pays : oui vous avancez des arguments et idées pertinentes à mon avis.
Toutefois je voudrais apporter quelques points sur lesquels on devrait réflechir.
Nous n’avons pas la capacité d’exploiter encore la techonologie, cela demande beaucoup de ressources et capacités. Nous sommes loins d’être capables de transformer les résultats de recherche en low tech adaptés à notre pays, il nous manque à ce jour les moyens, ressources et capacités pour y arriver, indépendamment de qui est au pouvoir. Pour cela on doit faire appel aux investisseurs qu’on le veuille ou pas. Les investisseurs ne prennent pas de risques dans un pays instable politiquement, quelques soient les efforts déployés par ceux qui gouvernent, s’ils sont venus par la force ce n ’est pas rassurant, s’ils viennent par les urnes mais font une mauvaise gouvernance, les investisseurs comprennent que cela contient le germe de la révolte qui pourra s’infecter et exploser. Aucun investisseur ne voit la période de leur investissement sur une durée d’un mandat présidentiel ou deux. La perennité de leurs investissements et activités économiques se place dans une longue durée, seule la loi de la rentabilité et les lobbying de pression morale ou environnementale peuvent les amener à fermer un site, une activité ou pas, mais surtout pas l’instabilité politique.
Madagascar est placé sur la liste des pays à haut risque pour les investisseurs, due à notre propension à prendre le pouvoir par la rue, la mauvaise gouvernance, la justice corrompue, et à bien d ’autres raisons. La crise financière aidant, en effet on ne risque pas de se trouver parmi les pays « sexy » pour les investisseurs. Ils vont aller ailleurs où ils vont se sentir plus sécurisés pour qu’on ne déstabilise pas leurs activités économiques et qu’ils se retrouvent dans leur projections de rentabilité.
Faute de pouvoir attirer ces investisseurs, nous pourrons réfléchir sur le modèle qui marcherait pour le pays, surtout pour le redémarrage. Notre salut pourrait venir de petites entreprises, des petites unités, ce genre d’entrepreunariat s’essoufle très vite cependant car elles ont besoin d’etre accompagnées dans leur développement, c ’est là qu’il faut faire de la formation professionnelle, de l’encadrement continu pourque les petits entrepreneurs Malgaches deviennent performants au fil des ans, et c ’est là que je dénonce notre propension à favoriser la pensée et formation francaise. Ces derniers sont habitués à former l’élite, mais Madagascar a beaucoup trop de citoyens qui n’ont pas eu la chance de se former selon le modèle élitiste, et nous sommes en train d’ignorer le potentiel de ceux qui participent au dynamisme économique du pays. Ce genre de petites entreprises en fait a besoin en général de avances de tresorerie pour démarrer, et c ’est lá que les fortunés peuvent jouer leur rôle. Ne me parlez pas de ces microcrédits, leur procédure a éte imaginée par les occidentaux et ils ne s’adaptent toujours pas au mode de pensée et opération de nos petits entrepreneurs artisanaux. Ils restent toujours prohibitifs, et souvent c ’est encore un intellectuel, l’élite qui dirige la microentité et fait des pauvres leurs ouvriers et employés. On ne laisse pas les petits entrepreneurs prendre leur destin en main.
Notre diaspora a certainement transféré de l’argent mais cela n’est pas fait souvent pour dynamiser l’économie, c’est dans le cadre d’actions familiales, charité ou au mieux pour son village. Cela ne touche pas une communauté économique, le transfert n’est pas canalisé pour stimuler un dynamisme économique, ce n’est jamais intégré dans le cadre d’un programme national de développement.Il y a des exceptions cependant qui marchent car elles soutiennent une activité économique, rentable et créatrice d’emplois, et il serait intéressant de voir avec ces gens comment on peut associer les citoyens à forts capitaux expatriés et locaux à constituer un appui au démarrage du pays.
Il est frappant que les villes de Madagascar affichent une opulence scandaleuse et élitiste, sans que les gouvernants de toutes périodes essayent de capitaliser sur de telles forces pour amener une valeur ajoutée à la constitution d’un fonds d’investissement pour petits entrepreneurs Malgaches. Cela dit il y a du pain sur la planche pour gagner la confiance de ces acteurs Malgaches á forts capitaux, car eux aussi sont soumis á la justice corrompue, si les Malgaches riches aiment á placer leurs capitaux dans la pierre et les 4*4 . rutilants c ’est qu’ils n’ont pas confiance en l’etat, aux banques et ceux qui dirigent l’économie. Beaucoup des membres de la diaspora ont du se mordre les doigts, regretter amérement leur confiance aux entreprises Malgaches qui les ont filoutés et ils restent impuissants devant la justice corrompue à lire les sites et forums où les concernés s’expriment. Mais on peut transformer ces dangers en opportunités et c ’est le rôle d’un gouvernement performant