De nombreux politiciens ont été remarqués à la réception offerte par l’ambassade de France pour la célébration du 14 juillet. Pour le pouvoir actuel, le Premier ministre Camille Vital et près d’une dizaine de ministres étaient présents. Pour les personnes représentatives de la mouvance Ratsiraka, on relevait la présence de Ramisandrazana et d’Azaly Ben Marofo. Mais les principaux responsables des mouvances Zafy Albert et Marc Ravalomanana avaient comme annoncé boudé l’invitation.
Parmi ceux plus difficiles à classer, on pouvait noter la présence de Pierrot Rajaonarivelo et de Saraha Georget Rabearisoa, et bon nombre de membres de la société civile, qu’ils soient proches de l’Alliance des OSC ou de la Coalition des OSC.
Crise institutionnelle étant, aucune partie malgache n’a été invitée à prononcer une allocution. L’ambassadeur Jean Marc Châtaigner était le seul à prendre la parole pour tenter de mettre les choses au clair quant au positionnement de la France dans la crise malgache. Partenaire privilégiée de Madagascar, la France taxée très souvent de pro-Rajoelina, demeure alignée au GIC (Groupe international de contact) et partie intégrante de celui-ci. Jean Marc Châtaigner l’a encore répété : « La position de la France est claire et transparente ; elle est solidaire de la communauté internationale (ONU, SADC, UA, OIF, UE). Ses objectifs dans les efforts qu’elle déploie sont la recherche de solution de crise, durable, acceptée par tous et conduisant vers l’instauration d’un ordre constitutionnel stable ».
Après un constat d’échecs des négociations et des efforts déployés de toutes parts, la France déplore l’effondrement socio-économique de la situation vécue par les ménages et les entreprises. L’ambassadeur regrette également l’isolement diplomatique résultant de ces échecs qui ont déclenché le gel des aides et financements dont le pays a besoin.
Madagascar a donc besoin de pardon, de démocratie et de respect mutuel, dit Jean Marc Châtaigner. Dans cette perspective, l’ambassadeur déclare à l’intention de toute l’assistance nombreuse et diverse que « nous avons besoin de réconciliation et de compréhension ». Le pays attend de tous une solution de compromis-consensus.
À cet effet, et à l’adresse de la HAT et des pro-HAT, la France leur reproche le manque de gouvernance démocratique, la poursuite de la corruption, le non-respect de la liberté de la presse. Il faut libérer la presse, souligne-t-il, tout en ajoutant qu’il faut également respecter les droits de l’opposition. L’ambassadeur de France n’a pas oublié de réclamer la dissolution des milices para-militaires et de la Force d’intervention spéciale (FIS). « Cette dernière s’est en effet rendue coupable de graves manquements, je peux en témoigner, aux droits humains » a même ajouté Jean Marc Châtaigner.
Les critiques à l’endroit de l’ « opposition » à la HAT, se résument en deux points : qu’elle ne ferme pas la porte et qu’elle observe scrupuleusement la légalité pour préserver la paix et la stabilité. Et l’ambassadeur de demander si réclamer la mise en œuvre exclusive des accords de Maputo et d’Addis-Abeba ne fermait pas la porte à tout dialogue et ne conduisait pas à une impasse.
Jean Marc Châtaigner a d’ailleurs réaffirmé que de bonnes élections libres, équitables et transparentes, observées par la communauté internationale, étaient sans doute préférables à un mauvais accord de partage de pouvoir
Recueilli par Valis




