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dimanche 25 septembre 2016
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Afrique

L’africapitalisme : tremplin pour une agriculture prospère

lundi 6 juin

Le paradoxe mondial de la sécurité alimentaire est triste car d’un coté, il y a plus de nourriture que nécessaire pour nourrir les sept milliards d’habitants de la planète. De l’autre, un trop grand nombre de personnes vit dans une grande fragilité alimentaire. L’autre ambivalence est que l’Afrique dispose de 60% des terres arables non cultivées dans le monde tout en abritant la plus grande population de personnes souffrant de faim chronique et de malnutrition.

En Afrique, la migration des zones rurales vers les villes se fait à un rythme très rapide. Pour lutter efficacement contre ce problème, il faut le comprendre. La réponse est simple. Les gens recherchent avant tout des opportunités d’emplois. La migration urbaine en Afrique, en particulier chez les jeunes, s’explique par la stagnation de l’économie rurale. Il est important de comprendre que ces jeunes gens ne fuient pas le monde agricole mais fuient plutôt la pauvreté.

L’agriculture semble avoir échoué à enrichir une génération entière. Trop de jeunes Africains ont grandi en voyant leurs parents travailler toute leur vie pour assurer difficilement leur subsistance ! Ainsi, les agriculteurs africains ne récoltent qu’un cinquième de ce que les agriculteurs américains pourraient récolter sur le même hectare de terre.

Il est donc urgent de s’occuper de ce secteur. La bonne nouvelle est que c’est possible grâce à l’africapitalisme, concept selon lequel le secteur privé s’implique dans la promotion du développement. L’africapitalisme encourage les investissements à long terme dans des secteurs stratégiques qui offrent des dividendes économiques et sociaux. L’agriculture est sans doute le secteur le plus stratégique, parce qu’il permet un retour sur investissement de l’ordre de 2 à 3. Elle représente 32% du PIB de l’Afrique, et emploie 65% de la population active. Plus important encore, elle est le secteur qui permet aux plus pauvres de se nourrir dignement. Ainsi, tout programme ou initiative visant à éliminer ou atténuer la pauvreté , à stimuler la création d’emplois ou à faciliter l’autonomisation des femmes, doit s’attaquer au secteur de l’agriculture.

Fondamentalement, toute transformation du secteur agricole peut conduire à un progrès radical du continent africain. Cependant l’agriculture est intimement aux autres secteurs stratégiques du transport et de l’énergie. Les secteurs économiques sont en effet interdépendants les uns des autres. Pour stimuler le secteur de l’agriculture, il faut investir dans les routes pour faciliter le transport de la récolte et des produits finis des zones rurales vers les marchés. Il faut également investir dans l’énergie pour le traitement et la conservation des denrées, en particulier pour respecter la chaîne du froid nécessaire pour répondre aux nouvelles exigences alimentaires des consommateurs urbains. Des financements seront nécessaires pour répondre à l’ensemble de ces besoins en infrastructures.

Les gouvernements africains ne disposent pas du capital nécessaire pour satisfaire tous ces besoins en infrastructures. Toutefois, le secteur privé a et peut accéder au capital, dispose de l’expertise nécessaire pour aider à relever ces défis. L’africapitalisme offre la solution, puisqu’il exige que les gouvernements et le secteur privé travaillent ensemble pour atteindre un « objectif commun », celui de la « prospérité partagée », où tous les acteurs et secteurs économiques participent et en même temps profitent des fruits de la croissance économique.

Les gouvernements africains commencent à comprendre cela et mettent en place des partenariats public-privé (PPP) pour construire des routes qui désenclavent les zones rurales de manière à faciliter l’acheminement des produits agricoles vers les marchés. Ces voies permettent aussi d’accroitre les échanges avec les pays voisins. Par exemple, entre 2010-2014, la Banque africaine de développement, en partenariat avec les gouvernements africains et le secteur privé, ont financé la construction et la réhabilitation de 230.000 kilomètres d’échangeurs permettant à 563 000 personnes de bénéficier d’un meilleur accès au transport. Dans le secteur de l’énergie, en collaboration avec les gouvernements africains et les dirigeants du secteur privé, l’Initiative Africa Power, lancée par le président Obama, est en train de relever audacieusement le défi d’améliorer l’accès à l’électricité, ce qui favorisera la croissance dans d’innombrables autres secteurs. A travers Africa Power, le gouvernement américain a réuni 120 partenaires des secteurs public et privé, et mobilisé 43 milliards de dollars pour créer 60 millions de nouvelles connexions électriques.

Ainsi dans le domaine agricole, des PPP permettraient de mobiliser les connaissances et la main-d’œuvre nécessaires à l’essor du secteur, réduisant ainsi l’exode rurale. Les jeunes pourraient alors gagner leur vie et faire prospérer leurs entreprises là où ils sont nés et ont grandi.

Transformer en priorité l’agriculture en Afrique est un impératif moral et une stratégie intelligente pouvant sauver des vies, créer les emplois, et booster la croissance des économies. Investir dans l’agriculture permettrait d’atteindre le second des Objectifs de Développement Durable (SGD), à savoir la « lutte contre la faim ». En découle la réalisation d’autres objectifs tels que la bonne santé, la croissance économique et l’amélioration des infrastructures, transformant ainsi le continent. Tout le monde - secteurs public et privé, scientifiques, universitaires, médias, secteurs à but non lucratif - a un rôle à jouer. Et nous devons travailler à réaliser cet « l’objectif partagé » et terriblement stimulant compte tenu de son fort impact.

Tony O. Elumelu, Président du Heirs Holdings et de la United Bank for Africa, et fondateur de la Fondation Tony Elumelu (version très élaguée).

Article publié en collaboration avec Libre Afrique

9 commentaires

Vos commentaires

  • 6 juin à 12:06 | filaver31 (#8373)

    L’agriculture en Afrique et à Madagascar en particulier est certes un secteur vital de l’économie, mais bien plus que cela en ce qu’elle est véritablement le ciment de la société et de la culture malgache.
    Les méthodes culturales, même si elles sont restées très traditionnelles n’en représentent pas moins un réel savoir faire ancestral qu’il serait irresponsable de balayer d’un revers de main au nom de la rentabilité et surtout du profit.

    Partout, dans tous les pays où les gouvernants ayant cédé aux sirènes de l’agro-business, le monde paysans s’est apauvris, malgré les beaux discours du « secteur privé » (Monsanto, Bayer, Cargill et consort...)
    En Europe, en Amérique, en Argentine, au Brésil, ces lobbies on réussi en un demi-siècle à transformer les meilleures terres agricoles, les plus fertiles, fruit de plusieurs siècles de bonne gestion paysanne, en un substrat mort, dépourvu de toute vie microbienne et de micro-faune.

    En cinquante ans, on est passé du paysan, à l’agriculteur, à l’exploitant agricole et maintenant au business man travaillant pour des fonds d’investissement.

    Ceux qui travaillent la terre, n’en sont plus propriétaires mais de simples ouvriers agricoles (naguère encore agriculteurs chassés de leur terre par la « Crise ») devant gérer au quotidien de la pathologie végétale à grand coup d’intrants, engrais et pesticides)

    Une autre voie est possible, Madagascar ne doit pas tomber dans ce piège, l’Inde et d’autres pays y sont tombés, ils en reviennent maintenant en constatant amèrement trop tard hélas, les dégâts.

    L’agriculture malgache à besoin d’améliorer ses techniques, il est urgent d’instaurer un réel enseignement agricole qui vulgarisera des procèdès efficaces, rentables et respectueux de la vie des sols et de celle des hommes, tout en étant très capables de répondre aux besoins croissants de la population.

    Cette voie là n’est certainement pas celle des grandes firmes de la chimie et de l’agro-business dont le seul et unique but est la recherche du profit sans autres considérations.

    • 7 juin à 06:43 | Bena (#494) répond à filaver31

      POINT BARRE. notre ami babazy a tiré sa révérence dimanche dernier (http://www.midi-madagasikara.mg/wp-content/uploads/2016/06/25.gif). le comble c’est qu’ils vont le brûler demain mercredi à paris, et il ne retournera même pas dans ce pays qu’il a toujours admiré à distance. RIP basile. point barre restera sur MT.

  • 6 juin à 12:15 | Jipo (#4988)

    Article intéressant, ou il y aurait beaucoup à dire.
    Si les jeunes fuient vers les villes, c’ est que la terre nourrit mais ne permet pas de s’ enrichir.
    Elle nourrit au prix d’ énormes efforts, que les jeunes refusent de faire, cette course à : la facilité, au profit, la vie facile, au moindre effort, a gangrené toutes les nouvelles générations avec l’ aide des parents qui souhaitaient une vie plus facile pour leur progéniture.
    S’ enrichir avec la terre : en effet à l’ image des grand propriétaires terriens, comme en Nelle Zélande, Brésil, ou Patagonie, ou la terre est engraissée, à coups d’ engrais chimiques, de pesticides et mécanisée à outrance, pour enrichir une minorité au détriment de la majorité, oui la terre peut enrichir, mais à quel prix !
    La terre n’ a pas à etre confisquée par une minorité de multi nationales, comme c’est le cas.
    Le contenu de l’ article, avec 1 objectif alléchant en apparence de l’ Africapitalisme ,( qui porte bien son nom ) est un leurre pour embobiner les quelques prétendants à brader leurs terres au détriment de la population , faisant miroiter un développement économique avec la carotte de l’ emploie à la clef.
    Le problème principal n’ est pas de développer la productivité de la terre, mais seulement de la cultiver.
    Le terre (mère) nourricière, comme son nom’ indique, n’ est pas pour « enrichir » mais nourrir, certes au prix d’ énormes efforts, d’ induire la perspective d’ enrichir est une bévue, un paradoxe incompatible avec sa nature, une erreur d’ approche, induite par quelques vautours sans scrupules prêts à tout pour s’ enrichir rapidement, au détriment des populations, à l’ image de l’ eau , accaparée par des privés, alors qu’ elle appartient à la nature humaine dans son ensemble et n’ a pas à etre privatisée : il en va de même pour la terre.
    Il y a assez de richesses sur cette planète pour contenir ce qu’ il y a dessus et généreusement, le problème est l’ avidité de quelques uns, que l’ on laisse spolier et corrompre ,dans un but exclusivement égoïste allant à l’ encontre de l’ intérêt général au profit de quelques privés.
    C ’est cela qu’ il faut remodeler, reformater, réintroduire dans l’ éducation, et non cette course au moindre effort, à l’ argent facile, à l’ individualisme, au détriment de la communauté, car la nature humaine est faite pour vivre ensemble, nous sommes tous interdépendants, et tant que cette sagesse sera écartée de l’ éducation, les hommes qui en sont dépourvus se comporteront comme des électrons libres, à tourner en rond jusqu’ à épuisement : des stocks et iront à leur perte.
    Que ce soit le pétrole, le gaz de schiste, à commencer par l’ eau, cet privatisation est inadmissible, pour ne pas dire inhumaine, c ’est cela qu’ il faut changer et non prétendre rentabiliser la terre en construisant des routes et offrir à des sociétés comme Mt Santo la gestion des biens communautaires.
    C ’est cela qu’il faut redistribuer, et tous las maux que ces mêmes bandits auront créés : disparaitront.
    L’ article aura le mérite d’ interpeller et donner à réflexion, espérant qu’ il ne convaincra personne pour tomber dans le panneau pour l’ imposer aux populations, comme c ’est hélas le cas des dirigeants qui se jettent / ces projets, comme des moins que rien, ne voyant à l’ image d’ un hery : pas plus loin que le bout de ses ciseaux...
    On peut toujours rêver ?

  • 6 juin à 12:26 | tanguy37 (#7699)

    Un jour ou l’autre ;il faudra bien que les africains et les autres pays « en voie de developpement »se prenne par la main et commence a travailler leurs terres,a cultiver,a iriguer,faire de la culture « tournante » et non plus de la monoculture.
    A quoi on servi tout ces seminaires ,reunions« bidon » ces congres « pour ce faire plaisir »a propos de l’agriculture.
    Allez ,auboulot,prenez les pelles, les pioches !!!!

  • 6 juin à 12:27 | toky (#8231)

    Dommage, comment se fait-il que 300 ans après l’apparition de l’angady le gasy n’arrive même pas à l’améliorer, le tafobozaka, le matelas bozaka, le tanimbary .... sont toujours là ? , sur tout le VARY BEVATO ou VATO BEAVARY qui engendre un vrai problème de santé bucco-dentaire sans précédent et le pire aucune mesure corrective..... Aucune amélioration où est le problème ???
    - depuis le départ des colons qui ont su moderniser leurs concessions, nous sommes tous des nuls sur tout les politiciens. Pas de volonté politique pour améliorer ce ne serait-ce que les outils de productions dommage nous avons perdu 50 ans pour rien comme nous pouvons constater sur d’autres domaines, nous reculons tout simplement !
    .... trop c’est trop : les politiciens depuis notre indépendance profitent l’ignorance de tambanivohitra à chaque élection pour se maintenir au pouvoir
    Je souhaiterai la présence des agro-business plutôt que rien comme aujourd’hui : malnutrition et pauvreté sans précédentes !

  • 7 juin à 17:59 | Stomato (#3476)

    filaver31, votre analyse est très pertinente et mérite réflexions suivies d’actions.

    Jipo, tanguy37, toky Vos commentaires sont pertinents comme très souvent.

    Chaque fois que j’ai eu la plaisir de revenir à Madagascar j’ai toujours admiré le gout fabuleux des légumes que ce soit sur les côtes ou les plateaux.
    Chaque fois c’est le gout de variétés originales de légumes qui ne sont pas modifiées par des « obtenteurs » de semences améliorées... Améliorées en quoi je me le demande.
    Mais la qualité des espèces n’est pas seule en cause, le savoir faire y est pour beaucoup.
    Le savoir faire hérité de longue date par les agriculteurs et les maraichers pourrait être la base d’une « industrie » de légumes biologiques en conserve, légumes biologiques dont l’occident est friand.
    Oui, je sais les légumes en conserve ne sont pas aussi bons que les légumes frais. Mais avec les qualités organoleptiques des légumes de Madagascar, les conserves seraient meilleures que celles faites en Europe.
    Cultiver les malagasy savent faire, et ils ont les terres pour.
    Faire des conserves cela s’apprend, au besoin à l’étranger.
    Créer un marché à l’international ? Il y a de bonnes école de commerce à Madagascar.
    Il y a une diaspora importante qui pourrait servir de points d’entrée dans différents pays du Nord...
    Qui a peur de faire du neuf avec les ressources du pays ?

    • 7 juin à 20:52 | Rabemisaina (#7643) répond à Stomato

      Malheureusement, votre bonne idée de produire des légumes bio est très loin d’être facile à réaliser ici... On pense à tord qu’à Mada, tout est bio !! Il y a en fait beaucoup plus de pesticides que l’on pense ! Et malheureusement souvent très mal utilisés ! Vous consommez 49 tomates parfaites et une très très contaminée... Il n’y a aucun contrôle ici.
      A cela, on peut ajouter des doses massives de pesticides anti acridiens et une distribution effrénée de moustiquaires imprégnées avec des pesticides (plusieurs millions).
      Finalement, très peu de produits sont cleans à Mada...
      Question subsidiaire : connaissez vous les tarifs des organismes certificateurs bio ?
      Ils sont très élevés... j’en sais quelque chose.

    • 8 juin à 10:19 | Stomato (#3476) répond à Rabemisaina

      Vous êtes une personne extra ordinaire !
      Vous analysez de façon pragmatique les inconvénients d’une éventuelle production d’aliments bio à Madagascar.
      Mais tout se passe comme si vous préférez ne pas mettre en œuvre des mesures de mitigation en face de tous les éléments négatifs ou qui semblent être négatifs .
      Tarifs des organismes certificateurs élevés, et alors c’est une ligne sur les tableaux de finance ! Vous semblez ignorer qu’un mouvement de plus en plus important en Europe commence à réaliser que les organismes de certification commencent à généraliser le comportement des centrales d’achat ou des méga sociétés de production alimentaire... Idem pour les association mondiales de « commerce équitable » qui se payent au même niveau que les centrales d’achat. Les particuliers commencent à préférer des circuits courts et des principes de commercialisation plus proche des humains.
      Moustiquaires imprégnées de produits pesticides ? Quel impact des moustiquaires sur les plants de tomate ? Si l’analyse est faite des mesures de limitation d’impact sont possibles.

      Quoiqu’il en soit tant que Madagascar reste sur des positions attentistes le reste du monde continue à avancer et la régression du pays ne fait que s’accentuer.
      Rien n’est tout blanc ou tout noir dans le monde, rien n’est parfait ou mauvais, tout est en nuances de gris et tout est équilibre entre le vice et la vertu.
      Vous semblez rêver d’un avenir lumineux sans rien faire sinon vous plaindre que vous n’avez pas LE moyen d’entreprendre quoique ce soit...
      Pourquoi des malagasy éduqués aux techniques modernes lors d’études à l’étranger ne pourraient pas inventer des moyens nouveaux de produire et de commercialiser les produits créateurs de valeur ajoutée a Madagascar même ? N’est il pas possible ’envisager autre chose que d’exporter des matières premières transformées ailleurs et réimportées à grand frais pour suivre la mode diffusée largement par la télévision et internet ?

      Dans tous les médias accessibles par internet les malagasy ne cessent de se plaindre de l’état du pays, du cout de la vie, des délestages, de la difficulté d’accès à l’eau potable, mais paradoxalement sauf en accuser l’étranger et principalement la France et les français il n’y a personne pour se donner un grand coup de pied au LUC et faire des actions positives et porteuses d’avenir.

  • 8 juin à 21:15 | Rabemisaina (#7643)

    Merci de votre réponse ! J’aurai pu croire qu’un article obsolète aurait enterré mon post.
    Je suis en partie d’accord avec ce que vous écrivez mais je trouve que c’est vraiment intéressant.
    Pour votre gouverne, je parle d’un sujet que je connais. j’’encadre et je vends des produits bio depuis 10 ans à Mada. Et dans des quantités significatives.
    Le bio et l’équitable sont loins d’être parfaits mais ils ont le mérite d’exister. Ainsi, on peut faire évoluer les cahiers des charges (qui sont remis à jour au moins tous les 3 ans et ajustés aux normes internationales.). C’est maintenant un processus participatif le plus souvent.
    Donc, désolé, merci de ne pas employer des lieux communs et des généralités. On ne peut pas faire passer une bonne idée de la sorte.

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