Alors que le bois de rose est revenu au cœur de l’actualité malgache depuis plus de deux semaines, c’est au tour de l’Unesco de dénoncer l’exploitation illégale.
En effet, le Comité du patrimoine mondial de l’institution internationale a inscrit, vendredi 30 juillet 2010, les forêts humides de l’Atsinanana sur la Liste du patrimoine mondial en péril « en raison des coupes illégales de bois sur ce site et du braconnage visant les lémuriens, une espèce menacée ».
Le Comité dénonce le fait que « malgré un décret interdisant l’exploitation et l’exportation de bois de rose et d’ébène, Madagascar continue d’octroyer des permis d’exportation de bois en toute illégalité ». Les pays importateurs sont aussi pointés du doigt, le comité indiquant sans les nommer que « des pays ayant ratifié la Convention du patrimoine mondial sont néanmoins des destinations notoires de ce bois ».
Concrètement, quels changements ?
Avec les ajouts 2010, la liste du patrimoine mondial de l’Unesco comprend maintenant 34 sites, aussi bien naturels que culturels ou mixtes. On y trouve notamment la vieille Jérusalem, les monuments médiévaux du Kosovo et bon nombre de parcs naturels sur tout le continent africain.
Tout comme l’inscription originelle à la Liste du patrimoine mondial de l’Humanité, l’inscription sur la liste du patrimoine mondial en péril est avant tout une manière d’augmenter la visibilité à l’international du site et des menaces qui pèsent sur lui. D’après l’Unesco, cette liste est « conçue pour informer la communauté internationale des conditions menaçant les caractéristiques mêmes qui ont permis l’inscription d’un bien sur la Liste du patrimoine mondial et pour encourager des mesures correctives ». Même si le site web de l’institution parle d’une assistance immédiate au bien menacé dans le cadre du Fonds du patrimoine mondial, le but est surtout d’« alerter la communauté internationale dans l’espoir que celle-ci se mobilise pour sauver les sites concernés », car les fonds de l’Unesco seuls ne suffisent pas.
Comme l’exige le règlement de l’institution, le Comité du patrimoine mondial doit élaborer, en concertation avec Madagascar, un programme de mesures correctives. Parmi celles-ci, il est « instamment » demandé à l’Etat malgache « de prendre immédiatement toutes les mesures d’urgence nécessaires afin de faire appliquer le décret et de mettre un terme aux coupes illégales ». Madagascar est aussi appelé à organiser un sommet réunissant les pays concernés afin d’agir pour que le bois illégal de Madagascar demeure interdit et qu’il ne puisse pas avoir accès à leurs marchés nationaux.
Inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco en 2007
Les forêts humides de l’Atsinanana, qui sont englobées dans six parcs nationaux sur la façade orientale de l’île, ont été inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco en 2007 en raison de leur importance pour le maintien des processus écologiques nécessaires à la survie d’une biodiversité unique reflétant l’histoire géologique de Madagascar. Nombre de ces espèces sont à la fois rares et menacées, particulièrement les primates et les lémuriens.





