Alors qu’une partie de l’opinion tananarivienne s’attendait à ce que les rues soient désertées par les taxi-be et autres usagers à 4 roues et qu’une minorité voulait vivre une rue exceptionnellement piétonne, la surprise venait plutôt de l’Épiscopat catholique d’Antanimena qui a subi les conséquences d’un jet matinal de jet d’explosif. C’était vers 4h ou 4h 30, rapporte le gardien des lieux ce vendredi 9 mars 2012. Si les avertissements et interventions médiatiques du ministère de la Police et du patron de la Circonscription interrégionale de la Gendarmerie d’Antananarivo ont dissuadé les esprits malveillants ou terrorisants qui voulaient faire vivre des jets de pierres aux usagers de la route, les contrôles de police du grand rond point d’Antanimena n’ont pas empêché les « lanceurs de bombe » d’agir à quelque 100 mètres environ et de s’enfuir sans crainte. Selon les premières informations recueillies par la presse ce vendredi matin, un explosif a glissé et produit des étincelles dans la cour de l’Episcopat puis il y eut détonation, ébranlant et cassant les fenêtres ; le gardien et les occupants des lieux n’étaient pas sortis de l’enceinte mais ils ont entendu un véhicule rouler à vive allure. Les « lanceurs de bombe » étaient sans nul doute à bord d’un véhicule de marque et d’immatriculation inconnues.
À la place des pierres et autres projectiles qui auraient pu faire des victimes, ce fut donc un explosif dont les spécialistes en armement refusent de définir la nature exacte –attendant les résultats des analyses balistiques comme ils disent– qui a fait des siennes contre cet édifice catholique qui a marqué l’histoire du régime Ravalomanana. Il faut rappeler que l’Episcopat d’Antanimena avait accueilli différents événements et médiations durant la crise en 2009, dont celui du 17 mars, pendant lequel les « mutins du CAPSAT » de l’époque avaient fait parler d’eux devant les représentants des chancelleries, les généraux à qui Marc Ravalomanana avaient confié le pouvoir et les médiateurs du FFKM. Le Pasteur Lala Rasendrahasina, président de la FJKM avait été tiré par la cravate et humilié par les tombeurs du régime Ravalomanana. Le commandant Charles de l’époque avait porté la main sur ce prélat ; mais il n’était pas le seul. Des diplomates étrangers et des personnalités malgaches y avaient passé un mauvais quart d’heure voyant la colère et la détermination des soldats favorables à Andry Rajoelina qui refusaient le directoire militaire ; Norbert Lala Ratsirahonana lui- même s’était éclipsé en vitesse, craignant que la situation ne dégénère en bain de sang.
Pour en revenir à ce vendredi 9 mars à l’Episcopat, l’explosion a brisé des vitres et a creusé un trou près de l’entrée et les éclats sont parvenus jusqu’aux étages. Aucune victime. Les hauts responsables de l’église catholique ont publié un communiqué relatant les faits et se sont abstenus d’émettre des commentaires. Une plainte contre X a été déposée.
Recueilli par Bill







