Suite à l’appel des mouvances politiques Dider Ratsiraka, Marc Ravalomanana et Zafy Albert en date du jeudi 3 septembre 2009, les militaires ont dès le lendemain réagi. Représentée par le Secrétaire d’État à la Gendarmerie, le général Ravelomanana Claude qui a lu un communiqué devant la presse invitée au Centre de conférence international à Ivato, l’armée a fait part de sa décision de ne pas reconnaître cet appel qui lui demande de prendre ses responsabilités.
L’armée a rejeté toute idée de Directoire militaire supposé par cet appel des trois mouvances. Elle déclare qu’elle demeure unie, neutre et respectueuse de la hiérarchie établie. Elle s’insurge contre toute velléité de division de l’armée et fait comprendre que toute tentative « sécessionniste » est condamnable.
Politiquement la position de cette armée ne peut qu’être en faveur de ce qu’elle appelle la transition à l’installation de laquelle elle a très largement contribué. La hiérarchie en place est partie prenante de ce pouvoir et elle le défend. Autrement dit, la hiérarchie militaire en place est acquise à l’ordre instauré depuis l’avènement de Andry Rajoelina au pouvoir. D’ailleurs, la veille de la publication de cette décision, elle a eu de longues heures d’entretien avec le président de la Haute Autorité de Transition à Iavoloha.
Ont également été présents lors de la rencontre avec la presse ce vendredi matin du 4 septembre 2009 à Ivato, le général Rabarisoa Ranto (un des plus hauts gradés composant le Directoire militaire envisagé par Marc Ravalomanana et auquel il a remis les pleins pouvoir en son temps), les généraux en retraite Razafitombo Léon (ancien chef d’Etat major général des armées du temps de Didier Ratsiraka) et Mohajy Ackram (ancien DG de l’OMNIS et ancien DG de la SECREN). L’absence du ministre de la Haute Autorité de Transition en charge des Forces armées, le colonel Noël Rakotonandrasana, a été remarquée.
Le général Désiré Rakotoarijaona précise
Réagissant au micro et devant la caméra de la télévision MaTv, à cette attitude de la hiérarchie militaire, le général en retraite, Désiré Rakotoarijaona, ancien Premier ministre sous Didier Ratsiraka, a relevé la méprise ou la mauvaise compréhension de l’appel par l’armée. « Il ne s’agit nullement d’appel pour la création d’un Directoire militaire ni pour un soulèvement. Il est plutôt question d’appel à la responsabilité pour résoudre le problème, à la neutralité, à la compétence de l’armée. Et une telle situation s’est déjà produite ». Ce n’est donc point un appel pour un gouvernement militaire. « Des généraux de l’Armée ont déjà été appelé à diriger un gouvernement sans qu’on ait affaire à un directoire ! », explique-t-il. « Au contraire c’est un honneur et une grande responsabilité », conclut-il.
Recueilli par Ben






