« Rajoelina and Co » : voilà comment on pourrait intituler la curieuse construction accouchée durant la nuit. Car si Andry Rajoelina aura le leadership, il aura pour l’assister non pas un Vice-Président, mais deux Co-Présidents. Espérons que la substitution du Co au Vice se révèlera vertueuse, et j’arrête tout de suite les anglophones qui font remarquer que dans le cas présent le préfixe Co dérive du latin Cum.
En se tournant vers les scientifiques, on peut découvrir que pour eux le préfixe Co signifie « en commun avec une ou plusieurs autres personnes » et qu’il exprime l’idée de réunion, d’association, de participation, de partage de responsabilités, de communauté d’intérêts ou d’actions. On ne peut qu’espérer qu’il en sera vraiment ainsi.
C’est donc finalement un succès qui a été obtenu à Maputo... Euh, pardon à Addis Abeba. À Maputo, cette semaine, on parlait surtout du Zimbabwe. Ce qui nous rappelle hélas que les gouvernements dits d’Union Nationale, ont aussi leurs limites.
Je suggèrerais donc que, comme à Addis ou à Maputo, l’on sache détendre l’atmosphère lors des futures réunions du Conseil Présidentiel en pratiquant à bon escient des pauses. Et en ce Samedi joli, je ne suis point enclin à penser qu’on en a assez des kilalaon-jaza. Pour mieux conjurer la fatalité africaine, suggérons que Andry, Emmanuel et Fetison retrouvent de temps à autres une âme d’enfant avec un jeu d’origine asiatique, et attirons leur attention sur le fait que vers la fin de l’époque Ming, les seigneurs de la Chine jouaient à un jeu appelé shǒushìlìng (手勢令), qui a évolué au Japan vers le janken (じゃんけん). Ce jeu a fini par civiliser l’Occident sous le nom de pierre, papier, ciseau.
Oui, oui, je parle bien de ce jeu où l’on n’a que trois coups possibles qu’on symbolise avec les mains : la pierre casse les ciseaux, qui coupent la feuille qui enveloppe la pierre.
Car les joueurs de ce jeu apprennent vite qu’il est vain de commencer une partie en lançant une pierre. C’est même une erreur de débutant, et plus précisément des débutants mâles, qui sous l’effet de la testostérone ont tendance à privilégier ce signe de force au début d’une partie. Si vous n’êtes pas convaincus de cela, repensez aux différents épisodes de cette crise 2009...
Cette simple observation prouve que tout jeu est plus subtil qu’il n’y paraît, et que l’on peut souvent anticiper la psychologie d’un adversaire. Même pour un jeu aussi simple que pierre-ciseau-papier, on en arrive à élaborer des pratiques et à écrire des livres sur le sujet, avec proposition d’application dans la vie de tous les jours.
Mais face à un adversaire qui tente de comprendre vos séquences, la meilleure tactique peut être de l’empêcher de le faire, en s’efforçant d’enlever toute apparence logique à ses choix et en se rapprochant le mieux possible du hasard absolu. Ceci demande une forme de concentration très particulière, mais je suis convaincu qu’on pourrait trouver à Madagascar quelques éléments très doués pour les prochains championnats que nos collègues du Monde annoncent pour le 14 novembre.
Bon amusement en tout cas pendant le week-end.





