Les deux dernières semaines ont été marquées par une forte appréciation de la monnaie malgache contre les devises internationales qui a laissé les observateurs surpris et dubitatifs.
Ainsi, si vendredi 13 août dernier, il fallait 2801 Ariary pour un Euro et 2161 Ariary pour un dollar, ce vendredi 27 août, l’Euro ne valait plus que 2566 Ariary et le dollar 2005 Ariary. Soit en quinze jours, une appréciation de 11,8% de l’Ariary contre l’Euro et de 7,7% contre le dollar américain.
Aucune explication officielle n’a été donnée sur cette appréciation, d’autant plus étonnante que cette période de l’année n’est pas marquée par le rapatriement important de recettes d’exportation, et que la rentrée scolaire et l’approche de la fin d’année tendraient plutôt à relancer le volume de certaines importations. Si certains évoquent le retour des flux touristiques qui contribuent à renforcer les ventes de devises sur le Marché interbancaire de devises (MID), leurs volumes ne peuvent à eux seuls expliquer un renforcement aussi rapide de la monnaie nationale.
L’observation des données du MID disponibles sur le site internet de la Banque centrale de Madagascar accrédite une autre hypothèse. On relève qu’à partir du Jeudi 19 août, les volumes de transaction sur ce marché ont fortement augmenté, et plus particulièrement sur le dollar. La semaine dernière, c’est en moyenne 9 millions de dollars et 5,8 millions d’Euros qui se sont échangés chaque jour sur le marché, ce qui représente un quasi-doublement des transactions par rapport à une journée classique.
Le fait que la hausse des volumes soit plus sensible sur le dollar attire l’attention sur les opérateurs effectuant les plus grosses transactions dans cette monnaie. Jusqu’ici, il s’agissait des opérateurs pétroliers, bien que l’arrivée en phase opérationnelle d’entreprises minières comme QMM puisse un peu changer la donne.
Le bras de fer entre distributeurs pétroliers et l’État malgache sur les prix à la pompe avait révélé que le cours de change était un des éléments-clés de la négociation, et que les pétroliers avaient même reçu dans le passé des « garanties » sur le cours du dollar. Il est donc fort possible que face à des achats de devises destinées à payer les prochaines cargaisons, la Banque centrale ait choisi d’intervenir massivement pour rapprocher le dollar du cours de 2000, plus proche de la moyenne de l’année 2009 qui s’établissait à 1956 Ariary pour un dollar.
Il conviendra alors de voir si ces cours et ces volumes de transaction se maintiendront dans les prochains jours.





