Intervention de M.Jean-Marc CHATAIGNER
Ambassadeur de France auprès de la République Malgache (14 juillet 2010)
Tompolahy,tompokovavy,ry namana.
Ravo tanteraka aho mandray anareo eto amin’ny Résidence de France indray.Fanindroany izao.
Mino aho fa tsy ho farany.Ny manetsa mbola ho avy.
Miala tsiny mialoha raha sanatria misy zavatra mety anafintohina antsika
"Perùmettez-moi de vous dire ce que je ressens face à la gravité de la crise malgache et l’absence de progrès dans la définitiob d’un chemin clair de sortie de crise.
Tous les efforts de négociation ont échoué à Maputo,à Addis Abeba,à Pretoria.
Je souhaute lancer un appel sincère et pressant à toutes celles et tous ceux qui ont le devoir,tous ceux qui ont la capacité ou simplement tous ceux qui ont la possibilité d’agir,ici et maintenant,pour que les choses prennent un tour différent et que le pire ne s’accomplisse pas.Il faut arrêter de tergiverser et agir pour la sortie de crise.Il n’est de l’intérêt de personne,ni à Madagascar,ni pour les pays amis de Madagascar,que cette crise perdure et s’aggrave.
Cet appel s’adresse tout d’abord aux dirigeants actuels de la transition.Votre responsabilité est grande pendant cette période intérimaire de mettre effectivement en place la gouvernance démocratique que vous avez promise,en garantissant notamment :
la transparence des finances publiques et la publication de tous les contrats miniers ou de services conclus avec des sociétés privées étrangères ;
le refus de youte corruption et la préservation pour vos enfants des richesses exceptionnelles de Madagascar que le bois de rose ou les espèces protégées ;
le respect des libertés publiques et en particulier de la la liberté de la presse ;
le respect des droits de l’opposition et l’instauration d’un dialogue effectif avec toutes les tendances politiques ;
le respect des règles de droit lorsque des abus sont commis et le refus de toutes les procédures judiciaires d’exception.
Ce dernier point passe,je vais être précis,par la dissolution des milices paramilitaires et de la Force d’intervention spéciale (FIS).Cette dernière s’est en effet rendue coupable de graves manquements,je peux en témoigner,aux droits humains.
Je ne peux,en revanche,manquer de saluer la décision exemplaire et courageuse du Président de la HAT,Andry RAJOELINA,de ne pas se présenter aux prochaines élections législatives et présidentielles.C’est un pas important dans la bonne direction qui respecte les principes démocratiques de l’ Union Africaine et qui doit faciliter l’obtention d’un accord politique.
Ma demande s’adresse ensuite aux responsables de l’opposition,en particulier ceux qui se réclament des trois anciens chefs d’Etat.
Fermer la porte à tout dialogue en réclamant la mise en oeuvre exclusive des accords de Maputo et d’Addis Abeba ne conduit-il pas à une impasse ???
La non-application de ces accords ne s’explique-t-elle pas aussi par leur complexité,porte ouverte à toutes les interprétations ???
Force est de constater que les propositions rédigées lors du sommet de Maputo III s’éloignaient de l’approche consensuelle et inclusive tant revendiquée par ailleurs.
Mieux vaut sans doute de bonnes élections libres ,équitables et transparentes,observées par la Communauté Internationale,qu’un mauvais partage du Pouvoir.
A quoi sert-il également de caricaturer l’action de ses adversaires et de prétendre par exemple que le pays est au bord de la guerre civile,ce qu’il n’est heureusement pas,au risque de perdre à la fois toute crédibilité et toute légitimité ???
Les partisans de la légalité,dont je respecte les convictions,ils le savent,se doivent d’agir dans la la légalité.
L’important n’est-il pas aujourd’hui avant tout d’oeuvrer pour la paix et la stabilité démocratique à Madagascar ???
Ne convient-il pas de donner une chance à la récente initiative de résolution de la crise malgacho-malgache que se propose de poursuivre la société civile dans son ensemble ??Il ne faut négliger aucune voie démocratique.
Notre action est solidaire de celle de la Communauté Internationale (C.I),de la C.O.I.,de la SADC,de l’Union Africaine,de l’O.I.F.,des Nations Unies et de l’Union Européenne.
De par notre histoire partagée,de par notre proximité géographique,de par nos liens humains,culturels et sociaux,NOUS avons une connaissance particulière de Madagascar.Nous nous efforçons de mettre celle-ci au service d’une solution de crise durable,acceptable et acceptée par tous.Nous souhaitons l’établissement à Madagascar d’un ordre constitutionnel démocratique stable dans lequel tous les citoyens malgaches puissent trouver leur place,avec un développement économique durable et équitable bénéficiant à l’ensemble de la population.
Nous avons tenté à Prétoria de trouver une solution,autour de quelques principes,comme le refus de l’impunité,à travers la mise en place d’une commission d’enquête internationale sur les événements du 7 février 2009,ou encore l’établissement d’un gouvernement neutre et consensuel pour la préparation des élections.Cette initiative n’a pas réussi,mais on ne peut pas nous reprocher tout et son contraire,de rester les bras croisés sans rien faire ou à l’opposé d’essayer de contribuer positivement à l’émegence d’une solution consensuelle.Des enseignements sont sans doute à tirer de ce revers qui permettront aussi,je l’espère de tous mes voeux,l’émergence d’autres solutions.
Alain Joyandet s’était profondément investi dans la résolution de la crise malgache.je voudrais lui témoigner personnellement de ma solidarité et de ma sympathie.