Mémoire courte ou désinformation ? En entendant les dirigeants de la Haute Autorité de Transition qualifier leur initiative d’historique, d’unique et que c’est la première fois qu’une telle conférence soit organisée dans le pays, on ne peut demeurer sans réaction. Les assises régionales qu’ils tiennent sont des assemblées au cours desquelles, il est demandé aux invités en général le « vahoaka », de s’exprimer sur des sujets politiques et de proposer des solutions.
Nous nous souvenons malgré notre mémoire vieillissant, des forums des « Hery Velona » de 1993, qui n’étaient autres que des conférences régionales puis nationale. Et à l’issue desquelles conférences, il a été décidé une Constitution, une loi électorale, en même temps le régime parlementaire. Qu’en ont fait les politiques de cette décision sinon qu’ils ont par la suite tout déformé ? Le régime parlementaire a tourné court car par la force de la « corruption » ou de la « compromission » ou de la « démocratie » - aux politiciens concernés de le qualifier, le régime s’est finalement mué en régime présidentiel. Qu’on ne nous dise toutefois pas que c’est la faute à une personne ?
Un peu plus profond dans notre mémoire, quoi dire des réunions organisées par les KIM (Komity Iombonan’ny Mpitolona) en 1972 ? C’étaient des réunions que des étudiants et professeurs et politiciens qui lavaient les cerveaux de leurs cadets, dans les cours et les salles de classe des écoles des Frères maristes par exemple à Toamasina ou à Ambositra ou dans les lycées.
De telles réunions étaient, en son temps, organisés dans les chefs lieux de préfecture, puis remontaient dans les chefs lieux de province pour se terminer au niveau national dans la capitale. Elles étaient sensées recueillir les doléances les propositions de solutions des éléments, des étudiants, des travailleurs et des paysans à la base (any ifotony). Qu’en était-il sorti ? La malgachisation et les nationalisations !
Avec le temps, quand nous étions en ces temps-là en classe de Quatrième ou Troisième, nous ne percevions rien de tout ce qui se tramaient « en haut lieu ». Nous essayions de comprendre les explications fournies par les aînés et ceux d’Antananarivo qui se présentaient comme des experts. Leur logique était assez bien huilée et les matraquages ont fini par obtenir l’adhésion de tous. Comme si leurs discours et leurs solutions étaient les nôtres, sans que le petit collégien puisse placer un mot. La suite, nous le savons tous.
Pendant tout ce temps, le peuple s’était appauvri et l’économie a dégringolé. L’île Maurice qui vivait à l’époque aux dépens de Madagascar, est aujourd’hui devenue un modèle sur tous les plans dans la zone Océan indien. Le port de Toamasina qui servait de plaque tournante ou de port d’éclatement, a cédé sa place à Port Louis. Concurrent de Mombasa ou Durban, le port de Toamasina n’est plus que l’ombre de lui-même, autant que la ville.
Aujourd’hui, nous avons le sentiment que les initiateurs de ces assises veulent faire croire que leur idée est la meilleure et que c’est la toute première fois que le pays vit une telle « période de liberté ». Soit que ces dirigeants de la HAT veulent nous berner et nous induire en erreur, soit qu’ils sont ignares. Sinon ils ont d’autres objectifs pour manœuvrer ainsi. Il est vrai qu’on ne peut bâtir sa maison son château sur un pont comme l’a dit Laurent Ramarosaona le Secrétaire général de l’AVI. Il est tout aussi vrai que des partis politiques boycottent ces assises comme d’autres ont boycotté le dialogue présidentiel de Marc Ravalomanana.
La lutte contre la pauvreté semble loin des préoccupations des dirigeants actuellement. Seule la Plateforme de la société civile en faveur de la lutte contre la pauvreté dont fait partie le journaliste Guy Laurent Ramanakamonjy en fait honnêtement et sérieusement un souci majeur. Cette plateforme a célébré à sa manière ce 1er juillet 2009, la Journée mondiale de lutte contre la pauvreté.





