Deux heures trente minutes de rencontre avec le vice-ministre sud africain des Relations internationales ont semble-t-il suffi aux membres de la délégation de la mouvance Zafy dépêchée à Pretoria, pour se faire une idée précise sur leur interlocuteur. Pour la mouvance Zafy, Marius Fransman et son équipe ne sont pas la solution à la crise malgache ; ils sont décevants car ils sont partiaux ou à la rigueur se comportent en arbitre favorable à Andry Rajoelina alors qu’ils sont des médiateurs. Ils ne sont pas efficaces et pêchent par leur manœuvre nébuleuse.
En tout cas, les diverses délégations convoquées d’urgence à Pretoria ont été reçues chacune séparément et il n’est pas étonnant que la lecture ou les rapports de mission diffèrent selon les délégations, apprend-on ce samedi à la Villa Elisabeth. C’est ce qui ressort de la conférence de presse que la mouvance Zafy a organisé samedi 28 janvier dernier. Toujours est-il, selon la mouvance Zafy, le motif de la convocation a été les événements qui sont survenus le samedi 21 janvier à Ivato et qui s’étaient terminés par le refus de Marc Ravalomanana de descendre de l’avion à l’aéroport de Johannesburg, une fois que l’avion à bord duquel il se trouvait a préféré rebrousser chemin en raison des multiples Notam que le vol a subi. Contrairement aux États-Unis, la SADC et la Troïka de Marius Fransman se sont illustrés par leur silence assourdissant devant de tels comportements qui foulent au pied des articles de la feuille de route, s’insurge la mouvance Zafy.
Lalatiana Ravololomanana et Miandrisoa Marcel ont évoqué tour à tour les nombreuses requêtes sans réponse ni aucune suite que la mouvance Zafy a déposées auprès de la Troïka de la SADC, et ce depuis le 16 septembre 2011, date de signature de la feuille de route. Dès lors, ils réclament le limogeage de Marius Fransman et de son équipe, mais en même temps, ils refusent d’intégrer les institutions de la transition tant qu’ils n’obtiennent pas de réponses satisfaisantes à leurs requêtes. Ils expliquent que les initiateurs de la feuille de route avaient promis et laissé croire que ce document-cadre était perfectible et pouvait être amélioré, donnant ainsi des espoirs aux signataires de pouvoir apporter leurs parts de briques à l’édifice dans le cadre d’un dialogue entre Malgaches ; mais rien de tout cela n’a eu lieu jusqu’à présent, regrette la mouvance Zafy.
Miandrisoa Marcel et Lalatiana Ravololomanana revendiquent la reprise du dialogue malgacho-malgache parce que la Troïka de la SADC ne respecte pas la feuille de route qu’elle a elle-même confectionné. La mouvance Zafy estime que la Troïka bafoue les articles de la feuille de route sous plusieurs coutures mais elle veut toujours croire que le bureau permanent de liaison de la SADC qui est en train de prendre forme dans la capitale peut remédier à la situation et satisfaire à ses doléances. Lalatiana Ravololomanana et Miandrisoa Marcel sont convaincus que les événements du 17 janvier à Amboijatovo et du 21 janvier à Ivato sont l’expression du flagrant non-respect de la feuille de route ; il y a là des agissements dont les auteurs demeurent impunis et exempts de sanctions de la part de la Troïka de la SADC. Marius Fransman ne veille même pas au respect de la feuille de route, disent-ils, car les institutions de la transition sont truffées de personnalités non signataires de la feuille de route ; aussi faut-il le remplacer, suggèrent ces conférenciers. En attendant, la mouvance Zafy reste à l’écart du processus.
Recueilli par Bill




