La grève des enseignants et chercheurs enseignants est déclenchée. Conduits par le syndicat SECES, les enseignants de l’Université de Madagascar ont commencé à suspendre leur activité d’enseignement depuis ce lundi 8 mars 2010. La principale raison invoquée est la réduction des indemnités de recherches qui leurs ont été accordées. Un premier décret promulgué le mois d’octobre 2009 avait fixé ces indemnités à 800 000 ariary mais le mois de février dernier, un autre décret l’a abrogé et modifié son contenu. Ce décret du 9 février 2010 réduit ces indemnités à 300 000 ariary.
Jeudi 4 mars dernier, une assemblée générale des enseignants du SECES a examiné la question et a décidé que si rien n’était fait par l’État, les enseignants réunis à ce moment là, soit 140 enseignants, prendront les dispositions pour faire pression sur le gouvernement et obtenir les indemnités prévues depuis le décret du mois d’octobre 2009. Ainsi, c’est la grève depuis ce lundi 8 mars à Ankatso, surprenant aussi bien les étudiants de la Polytechnique, de l’Agro que des Lettres et EESDEGS.
Après les « grèves » des médecins, puis des infirmiers et sages-femmes et autres personnels de Santé, c’est aujourd’hui le tour des enseignants dans le supérieur ; un chapelet de grève en somme que le pouvoir en place doit désamorcer dans les meilleurs délais pour ne plus faire tâche d’huile. Le mouvement des maîtres FRAM a été pour sa part vite maîtrisé et les problèmes apparemment résolus.
En tout cas, le patient et le parent de l’étudiant sont toujours dans l’embarras dans ce genre de mouvement. Tout comme les contribuables consommateurs et citoyens justiciables et susceptibles d’être malades, ils s’interrogent sur leur pouvoir d’achat. Ils subissent la crise depuis toujours mais depuis 2009, ils sont impuissants devant le cours des événements. Et ils se retournent vers ces médecins. Ils admettent que leurs salaires soient revus à la hausse mais que ces médecins fonctionnaires n’exercent plus « dans l’informel » ou dans les cliniques ou dans leurs cabinets privés pour se faire du blé facile sur les malades !
De même pour les enseignants du supérieur ; que leurs salaires et indemnités soient relevés mais qu’ils se focalisent sur le secteur public et donnent le maximum. Qu’il leur soit interdit d’exercer dans le privé car il y a conflit d’intérêt ou plus exactement il y a conflit de poche et de pièces sonnantes et trébuchantes comme chez les médecins. Il faut dire que c’est depuis la multiplication des cabinets et cliniques privés que les services médicaux publics se sont dégradés et sont de plus en plus le centre des plaintes des usagers.
Il en est de même pour l’enseignement supérieur. Avec la multiplication des instituts et établissements supérieurs privés, la qualité de l’enseignement supérieur public s’est détériorée. Pour beaucoup, tout cela est du aux conditions matériels des médecins et des professeurs dans nos universités publiques. Aussi faut-il considérer sérieusement leurs émoluments et redorer leur blason pour qu’ils puissent se consacrer en tout sérénité à leurs professions.





