Suite à l’arrestation de Valérien, vice-président du syndicat des paramédicaux, précédée d’une réquisition verbale perçue comme un abus de pouvoir et un non respect flagrant des droits syndicaux et des droits de l’homme par les paramédicaux et les médecins, la solidarité syndicale des personnels de santé s’est manifestée ce jeudi 5 juillet par la grève générale. Les paramédicaux ont décrété qu’ils n’observeront plus aucun service minimum jusqu’à ce que Valérien retrouve sa liberté. Selon Rakotondrazafy Aîmé, président du syndicat des paramédicaux, les déclarations du général Ravalomanana sur les chaînes audiovisuelles sont fausses : « les accusations de non assistance à personne en danger comme étant la cause de l’arrestation de Valérien sont fausses. C’est tout simplement parce que Valérien est un des dirigeants de la lutte syndicale qu’il avait été arrêté soutient-il. Valérien n’était pas dans les parages des services des urgences lors de son arrestation ; il n’a pas été en face des personnes blessées ; de plus il n’a pas été conduit auprès des services des urgences pour voir les blessés. Il avait été arrêté dans la grande cour de l’hôpital et aussitôt embarqué dans un véhicule des forces de l’ordre puis conduit de force dans les postes de la gendarmerie selon les dires de Rakotondrazafy Aîmé qui s’interroge si le motif de non assistance à personne en danger, tient debout.
Les médecins fonctionnaires ont rejoint et appuyé la grève des paramédicaux. De l’avis de ces médecins, le général Ravalomanana a enfreint la loi ce mercredi 4 juillet notamment le droit syndical et les droits de l’homme. Dr. Ndatason Frédéric, président du syndicat des médecins fonctionnaires explique : « le site violé par le général Ravalomanana qui y est entré avec ses armes est couvert de la franchise universitaire étant un centre hospitalier universitaire ; par ailleurs invoquer le motif de non assistance à personne en danger est fallacieux car des personnels de garde composés de médecins et de paramédicaux officiaient au service des urgences pour accueillir les blessés. On ne peut obliger un médecin extérieur au service d’intervenir dans le service des urgences de l’HJRA ; de plus Valérien est un infirmier spécialisé dans les services de la santé mentale (psychiatrie) ».
Dr. Ndatason Frédéric accuse le général Ravalomanana, premièrement de faire entrave à la liberté syndicale ; deuxièmement, il a passé outre la franchise universitaire ; troisièmement, il a enfreint la franchise d’un établissement hospitalier et quatrièmement, il ne respecte pas les droits de l’homme. Dès lors, les médecins fonctionnaires ont déclaré qu’ils vont déposer plainte contre ce qui s’était produit au HJRA ce mercredi 4 juillet 2012. Pire, car selon le secrétaire général du syndicat, Dr. Rakotondravony L., les médecins fonctionnaires de Madagascar vont aussi dorénavant observer la grève générale sans service minimum ; il explique que seuls les patients déjà hospitalisés bénéficieront des soins et traitements que leur état nécessite, par contre ils n’accueilleront pas les patients entrants. Ce médecin note que les militaires n’ont pas à s’ingérer dans les affaires des hôpitaux civils, qu’ils aillent imposer leur ordre à l’hôpital militaire mais non pas procéder à des arrestations dans un hôpital civil tel le CHU-HJRA.
À rappeler que pour des raisons de vie ou de mort, de protection des personnes, d’urgence et d’assistance à personne en danger, le général Ravalomanana et son équipe sont intervenus d’autant, précise-t-il, que l’action requise n’est pas susceptible de créer un danger contre la personne sollicitée. D’après l’article 63 du Code pénal, invoqué par le général Ravalomanana, il y a infraction. Donc, « une réquisition verbale a été prononcée à l’endroit des paramédicaux que les forces de l’ordre ont rencontrés . Les médecins approchés, ajoute-t-il, ont acquiescé et ont été au chevet des blessés, par contre, un infirmier, malgré son état de personnel médical qui l’obligerait à s’y présenter, a catégoriquement refusé » et c’est pourquoi il a été arrêté.
Résultat, c’est la grève générale des médecins et des paramédicaux qui se poursuit ce vendredi 6 juillet. À un moment donné de la journée de ce jeudi 5 juillet, les portails de la HJRA ont été fermés, empêchant toute entrée et sortie. Pour ce vendredi 6 juillet, les paramédicaux prévoient avec les médecins, un meeting de soutien à Valérien au tribunal Anosy lorsque cet infirmier sera déféré au Parquet. À remarquer que le général Ravalomanana a décidé d’épuiser les droits de détention pour enquête de 48 heures bien qu’il ait avoué que suite aux pressions des personnels en grève et bien que l’enquête n’aurait pas nécessité plus de deux heures, Qu’est-ce que cela signifie ?
Recueilli par Bill







