(MFI / 08.11.11) Toujours confrontée à des calamités comme la famine dans la Corne de l’Afrique ou la spéculation sur les matières premières, l’Afrique a vu ses problèmes éclipsés par la crise dans la zone euro et en Grèce au sommet du G20 à Cannes début novembre.
Ce forum, qui réunit les principaux pays industrialisés et les puissances émergentes comme la Chine, l’Inde ou le Brésil, représentant 85% du PIB mondial, s’est quand même penché sur le développement des pays pauvres, la stabilisation des cours des produits de base ou la protection de l’environnement avant la conférence de Durban sur le climat.
Dans leurs communiqués finaux, les chefs d’État et de gouvernement ont notamment reconnu « que les chocs économiques affectent les plus vulnérables de manière disproportionnée » et se sont engagés à assurer une croissance qui profite à tous. « La crise humanitaire dans la Corne de l’Afrique souligne l’impérieuse nécessité de renforcer l’intervention d’urgence et de long terme pour remédier à l’insécurité alimentaire », ont-ils souligné, appelant au renforcement des investissements dans le secteur agricole et à l’atténuation des effets de la volatilité des prix, notamment dans les pays à faibles revenus et dans l’intérêt des petits exploitants.
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a décidé de créer un projet pilote de système régional ciblé de réserves alimentaires humanitaires d’urgence et les pays de l’ASEAN une réserve d’urgence en riz. « Promouvoir la production agricole est essentiel pour nourrir la population mondiale », a affirmé le sommet rappelant le lancement d’un « Système d’information sur les marchés agricoles » (SIMA) pour accroître la transparence sur les marchés des produits agricoles. Les Vingt ont aussi décidé que les denrées alimentaires achetées par le Programme alimentaire mondial (PAM) à des fins humanitaires non commerciales ne seront pas soumises à des restrictions aux exportations ou à des taxes extraordinaires. Ils ont créé par ailleurs créé un « Forum de réaction rapide » afin d’améliorer la capacité de la communauté internationale à coordonner les politiques et à élaborer des réponses communes en cas de crises des marchés.
Taxer les transactions financières
Les infrastructures qui manquent cruellement à l’Afrique font aussi partie des préoccupations du G20, tout comme le « rôle crucial de l’aide publique au développement » pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Dans ce contexte, plusieurs pays, sous l’impulsion de la France mais aussi de Bill Gates, le patron de Microsoft, invité d’honneur, dont la fondation s’occupe des plus pauvres, ont soulevé le problème de la taxation des transactions financières afin de générer de nouveaux financements qui pourraient à terme compenser une baisse éventuelle de l’APD de la part des donneurs traditionnels que sont les pays développés, frappés par la crise de l’endettement.
« Les engagements pris par les pays développés en matière d’aide doivent être honorés. Les pays émergents s’engageront à accroître le niveau de leur aide à d’autres pays en développement ou continueront à le faire », ont affirmé les Vingt. « Nous reconnaissons également qu’au fil du temps, de nouvelles sources de financement doivent être trouvées pour répondre aux besoins de développement et faire face au changement climatique. Nous avons discuté d’un ensemble d’options de financements innovants, mises en évidence par Bill Gates. Certains d’entre nous ont mis en œuvre ou sont prêts à étudier certaines de ces options. Nous reconnaissons les initiatives prises dans certains de nos pays pour taxer le secteur financier à des fins diverses, dont une taxe sur les transactions financières entre autres pour soutenir le développement », ont-ils ajouté. Certains pays dont les États-Unis s’opposent à une taxe de cette nature. « Le sommet de Cannes a au moins permis de mettre certains de ces problèmes sur la table. Les jalons ont été posés et chacun y réfléchira d’ici la prochaine réunion au Mexique », souligne-t-on du côté français.
Un Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide est prévu à Busan en Corée du sud du 29 novembre au 1er décembre 2011. Ce Forum sera une occasion de mettre en place un partenariat plus large pour traiter l’efficacité du développement. Le 1er décembre 2011, le Mexique prendra la présidence du G20 avant une réunion à Los Cabos en Basse-Californie. La Russie présidera le G20 en 2013, l’Australie en 2014 et la Turquie en 2015. Après 2015, les présidences annuelles du G20 seront choisies à partir de groupes régionaux tournants, en commençant par le groupe asiatique qui comprend la Chine, la Corée, l’Indonésie et le Japon.
Côté africain, l’Afrique du Sud fait partie du G20 en tant que pays émergent. Le chef de l’État de la Guinée Equatoriale et le Premier ministre éthiopien ont été invités à Cannes au nom de l’Union africaine et du NEPAD, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique.
Marie Joannidis




