La réunion des partis politiques organisée par la Coordination nationale des organisations de société civile (CNOSC) a tourné court. Les parties malgaches n’ont fait que confirmer par tous les moyens et sous diverses et honteuses attitudes leurs positions antagoniques. Elles ont montré une piètre figure en oubliant la sagesse si chère aux ancêtres du dialogue. Espérons qu’elles n’ont pas contaminé les paysans de Vontovorona et d’Alakamisy Fenoarivo de leurs vices et de leurs mentalités. Les pratiques politiques ont certainement étouffé et anéanti dans l’esprit de ces politiciens non seulement de la capitale mais des autres parties de l’île, le sens de la mesure, le sens de la retenue à tel point qu’ils ont oublié de peser, de soupeser les mots et qu’ils n’ont plus tourné leur langues sept fois avant de parler devant une assemblée de surcroît. La colère et la haine qui transpiraient dans leurs langages et propos ont fait avaler leur langue aux interprètes des émissaires de la SADC. Même l’ancien député élu du TIM et chéri des militants de chez Magro Ankorondrano, Rasomotra, est demeuré ankylosé, abasourdi, ne sachant plus dans quel monde il était. Car, lui, semblait savoir de quoi il était question, contrairement à d’autres participants qui ont signé l’accord d’Ivato ou qui ont adhéré plus tard. Il faut dénoncer en effet que parmi les politicards présents lors de ces réunions au Le Héron à Vontovorona, certains ne pouvaient même pas expliquer ce que c’est que le CNR ou le CT et de quoi il retourne. Ils étaient incapables de comparer les deux accords l’un signé à Ivato et l’autre à Maputo et Addis-Abeba. Et l’on prétend que le groupe auquel ces individus appartiennent constitue une force ou une majorité non négligeable.
La réunion conçue pour être l’occasion de dialogue direct entre les politiciens malgaches s’est réduite ce vendredi 27 août à des séances de consultations auprès de la CNOSC et s’est ainsi terminée par des séances d’audience auprès des émissaires de la SADC. Bref, aucun accord n’est sorti de ces rassemblements de Vontovorona. Aucun bénéfice sinon que désormais Le Héron est connu du public et des citadins de la capitale. Mais ce qui est resté dans d’autres rubriques c’est la confirmation des désaccords et que la fin de la crise ne sera pas pour si tôt, pas pour demain.
Les termes vont changer la semaine prochaine. Les signataires de l’accord d’Ivato et l’Espace de coordination (ESCOPol) reviendront à Ivato au Centre de conférence (CCI). Ils invitent les Raiamandreny Mijoro, la Coordination nationale des OSC (CNOSC) et accueilleront les partis politiques de toutes les tendances pour leur expliquer leur manière de mettre fin à la crise. Un autre accord en perspective ? L’ESCOPol est convaincu que la communauté internationale est persuadée de l’approche parti, ainsi que de l’esprit des négociations et de l’inclusivité de la démarche.
Quant aux trois mouvances, elles continuent de revendiquer l’approche mouvance, estimant que l’UDR-C n’est que la mouvance Rajoelina et que l’ESCOPol constitue les « autres sensibilités » définies dans les accords du Maputo. Jusqu’à preuve du contraire, elles ne négocieront pas tant que le climat n’est pas apaisé et qu’elles ne se sentent pas menacées d’une part et d’autre part que les prisonniers politiques ne recouvrent leur liberté.





