En septembre 2009, la CITES (Convention on International Trade in Endangered Species of wild fauna and flora) a sorti un moratoire concernant la filière crocodile à Madagascar. Cette décision a été reconfirmée par la 15° assemblée de la Cites qui s’est tenue à Genève du 13 au 25 mars de l’année 2010 et est maintenue jusqu’à présent.
Depuis trois ans donc, Madagascar a été fermé pour toute activité concernant le crocodile. Cette décision a été prise suite à des problèmes administratifs relevés par la CITES notamment dans le manque de stratégie de gestion.
De nombreuses colloques avec ou sans la participation de la Cites ont été organisés par le ministère de l’environnement et des forêts depuis mais sans grands résultats. Des cahiers de charges ont été émis par le ministère mais ce manque de stratégie de gestion faisait toujours défaut.
Il faut savoir que la filière crocodile fait vivre entre 300 et 400 familles (dans le formel ou non). Le dernier chiffre enregistré fait office de 1.4 milliard d’Ariary en 2007 pour l’exploitation de peaux, sans compter le commerce dans l’artisanat. Cela représentait environ 28% de toutes les activités faune et flore confondues.
Actuellement, le cuir de crocodile sur le marché international coûte dans les 3 euros le cm pour des peaux de taille moyenne (25-29cm) alors que sur le marché local ça se vend à moins d’1 euro même pour les grandes peaux qui proviennent de croco adultes. La dévalorisation du produit a atteint son paroxysme.
Une délégation malgache participera à la prochaine réunion de la Cites qui se tiendra à Genève le 27 Juillet prochain pour revoir la situation. Quoi qu’il en soit, la balle est dans le camp Malgache surtout le ministère de l’environnement. L’avenir de la filière et de l’espèce même en dépend.
Zoly RANDRIANANTOANDRO - Ingénieur Chimiste
Directeur Technique de SERCA/Croc Farm
(Société spécialisée dans l’élevage de crocodile)







