Aujourd’hui, la crise politique est déposée sur la table des négociations et la communauté internationale se trouve impliquée pour des raisons d’Etat et d’engagement pris par l’Etat.
Assis ou non autour de la table ronde, les deux protagonistes prétendent l’un et l’autre, être tous deux des hommes d’Etat. Dans ce cas de figure, il faut qu’ils osent se défaire des diverses tentations et pressions, pour faire prévaloir les aspirations profondes de tout le peuple - et non d’une seule ou de deux fractions de ce peuple, et l’intérêt supérieur de la Nation : la paix civile, la sérénité des acteurs économiques et sociaux, le bon fonctionnement de l’Administration, la stabilité de la diplomatie et le maintien des engagements pris avec les partenaires.
Chacun des protagonistes est pris dans l’engrenage des positions de ses partisans. Les radicaux à gauche et à droite ne manquent pas de faire pression pour obtenir ce qui leur a été promis ou pour préserver leurs positions et faire régner leurs idées et leurs perceptions. Or, elles sont difficilement conciliables pour décrocher un compromis avec son interlocuteur.
Cependant, personne n’est sans savoir que dans cette crise, il ne peut y avoir de vaincu ni de vainqueur que la démocratie et la nation malgache.
Rassembler des partisans est apparemment facile mais gérer les intérêts de tous et surtout ceux de l’Etat quand on veut être un homme d’Etat, est un exercice délicat et pas aisé du tout.
Ce constat est valable aussi bien pour Andry Rajoelina que pour le président Ravalomanana.
On doit reconnaître que depuis le début de la contestation, le mouvement a évolué tant dans les argumentations que dans le nombre des sympathisants.
Au gré des événements, ce nombre ou ce capital de sympathie a connu des hauts et des bas, tant du côté des tenants du régime que du côté des contestataires. Et chaque camp a utilisé tous les moyens pour étoffer ses rangs, plus numériquement que rationnellement ou par des argumentations persuasives. La question est maintenant de savoir comment sortir de la crise pacifiquement, sans davantage de dégâts.
Seule l’audace des deux protagonistes peut dénouer l’imbroglio dans lequel ils se sont mis et dans lequel tout le pays risque de subir les conséquences qui ne peuvent être que néfastes.




