Invitée de l’émission dominicale du 29 janvier dernier de la Radio ACEM, Elia Ravelomanantsoa a montré une aisance et une confiance dans ce qu’elle fait au ministère de la Culture et du Patrimoine, mais aussi une détermination et une capacité de persuasion dans la conduite de la politique de sortie de crise du pays. Elle reconnaît les lacunes de la feuille de route et les dérives de certains dans sa mise en oeuvre mais elle ne veut pas baisser les bras. Ainsi, elle déclare ne pas s’être laissé embarquer dans l’émission de lettre d’interdiction d’entrée de Marc Ravalomanana, car cela n’avait pas été le fruit de concertation entre les parties d’abord et au sein du gouvernement ensuite. Attachée à la feuille de route, Elia Ravelomanantsoa se défend de tout unilatéralisme. Le Comité ad hoc érigé au sein du gouvernement, explique-t-elle, est assez représentatif de toutes les parties signataires de la feuille de route et il fonctionne quoi qu’on dise ; à preuve, ces élargissements ou ces allègements des conditions de détentions dont ont bénéficié les détenus militaires dans le cadre des affaires FIGN et BANI. Elle avoue cependant que le retour de Marc Ravalomanana n’a pas été discuté au sein de ce comité ad hoc ni au gouvernement. Quoi qu’il en soit, Elia Ravelomanantsoa ne désespère pas, car elle croit en la force du dialogue entre responsables et personnes soucieuses de l’avenir de ce pays.
Contrairement à Elia Ravelomanantsoa, présidente national du parti « Madagasikarantsika » déjà candidate à la présidentielle de 2006, d’autres acteurs et observateurs de la vie politique sont pessimistes. Il en est ainsi par exemple de Laza Razafiarison, secrétaire général de « Avotra ho an’ny Firenena » ou encore du secrétaire général de « Justice et Paix », le Père Thierry Raharison. Ce dernier ne croit pas qu’au rythme actuel de la mise en œuvre de la feuille de route – il estime que le taux de réalisation atteint à peine 25% alors que les organismes internationaux ont déjà fait savoir à l’époque qu’il faudrait au moins 11 mois pour préparer des élections dans les normes, transparentes, crédibles et acceptées par tous – il serait possible d’avoir des élections pour cette année 2012.
Quant aux interventions médiatiques de Laza Razafiarison, elles laissent à penser que le pays est mal parti en adoptant la feuille de route. Car finalement, la mise en œuvre de cette feuille de route est toujours source de discorde et entretient quelque part la focalisation des problèmes sur une personne, en l’occurrence sur Marc Ravalomanana, sur son retour, sur sa candidature à la présidentielle, sur ce qu’il fait ou n’a pas fait. Selon Laza Razafiarison, on ne construit pas l’avenir d’un pays sur la vengeance. À ce rythme, si les forces armées ne prennent pas garde, elles finiront pas tirer sur des compatriotes ; et l’engrenage de la violence est déclenchée.
Candidat à la prochaine élection présidentielle, Laza Razafiarison avec sa politique de refondation, estime cependant qu’un conseil des sages élargi et la réconciliation nationale sont incontournables.




