Y aura-t-il présence de la communauté internationale aux cérémonies de célébration du 26 juin ? Les ambassades présentes à Madagascar n’auraient pas réussi à dégager une position commune claire, et beaucoup semblent encore attendre des instructions de leurs capitales respectives. Il est possible qu’un certain nombre d’entre elles se décideront au dernier moment.
Dans un contexte où une partie des forces politiques malgaches veut boycotter les célébrations officielles, les membres de la communauté internationale qui affirment dans leur ensemble souhaiter la fin de l’impasse politique et le retour à un ordre constitutionnel et démocratique stable, doivent veiller à ne pas cautionner l’arrivée par la force du régime actuel. Difficile cependant pour les diplomates, sous peine d’envenimer l’avenir, de faire complètement l’impasse sur les 50 ans de l’Indépendance du pays ou d’être totalement insensibles à l’argument selon lequel la fête nationale appartient à la Nation dans son ensemble et non pas aux dirigeants en place.
L’on peut d’ores et déjà être assuré qu’il n’y aura pas le même taux de présence au défilé du matin et au cocktail de l’après-midi, et les questionnements des diplomates des grands pays portent essentiellement sur une présence ou non au défilé du matin. Celui-ci est une festivité de nature plus populaire, et cette année, l’invitation à y assister est d’origine militaire. Au contraire, le cocktail de l’après-midi aura lieu dans un palais d’État et l’invitation est d’origine politique (président de la HAT).
La France est la première à avoir pris position, assumant le risque de paraître vouloir influencer les autres pays. Par un communiqué, l’ambassade a fait savoir que Jean Marc Châtaigner sera présent au stade de Mahamasina. Le texte met en avant les liens étroits d’amitié entre les deux pays découlant de l’histoire commune et des attaches personnelles nouées entre citoyens malgaches et français, que ce soit dans la Grande île ou en France.
Fait inhabituel, le communiqué précise que la France en assume « l’héritage, avec ses pages glorieuses et ses moments plus sombres, pendant la colonisation où furent commis des actes hautement condamnables ». Rappelant la participation des soldats malgaches à la Force noire, le texte souligne également l’attachement de la France aux liens noués entre frères d’armes, et par-delà, entre les deux pays.
Pour ce qui concerne les États-Unis, le président Obama a adressé le 23 juin une lettre de félicitations « au peuple malagasy », sans citer les dirigeants ou la classe politique. La missive insiste sur le soutien américain à une « résolution inclusive et consensuelle à cette impasse politique qui coûte cher à la vie de la nation ». Nul doute que la prudence sera particulièrement de mise pour ce pays.
Quid des l’ambassadeurs du Pakistan et de la Turquie qui ont déjà présenté les copies figurées de leurs lettres de créance et leurs accréditations au ministre des Affaires étrangères et au Président de la HAT ? Et quid des Comores, membres de la SADC, censées appliquer l’interdiction de voyage aux 109 personnalités du régime actuel, et où le Premier ministre Camille Vital s’est néanmoins rendu mardi dernier, officiellement pour enquêter sur une cargaison de 300 tonnes de bois de rose saisie par les autorités comoriennes ?





