Remontés par l’attitude du président de la transition qui distribue à tour de bras des millions d’ariary aux sportifs dont dernièrement - dans le cadre de la phase finale de la CAN de Rugby qui se déroule dans la capitale -, des centaines de milliers d’ariary à chacun des membres de l’équipe nationale de rugby, les médecins fonctionnaires sont descendus dans la rue ce mercredi 4 juillet. Ces médecins fonctionnaires attendent depuis 10 mois le paiement de leur rappel de solde relatif au réajustement de leur grille indiciaire ainsi que les indemnités qui viennent avec, à savoir les indemnités de logement et les indemnités de transport. À l’issue de leur assemblée générale de ce mercredi 4 juillet au cours de laquelle ils ont constaté les tergiversations de l’État, ils ont décidé immédiatement de déclencher la grève générale sans service minimum dans tous les établissements sanitaires publics dans tout Madagascar. Ce mot d’ordre de grève serait observé pendant deux (2) jours successifs à partir de ce 5 juillet 2012. Selon le Dr Ndatason, le gouvernement malgache a minimisé leur revendication en priorisant d’autres secteurs qui ne nécessitent pourtant pas une intervention immédiate. Après que le comité ad-hoc relatif au cas des médecins fonctionnaires a depuis plusieurs semaines achevé le travail qui lui avait été assigné, quatre (4) conseils de gouvernement sont passés sans aucun écho des revendications du syndicat et de ce qui avait été convenu avec le gouvernement, explique Dr. Ndatason.
Ce mercredi 4 juillet donc, les médecins ont déserté les établissements sanitaires publics. Ils sont partis de l’ancienne Institut d’hygiène sociale Analakely avec leurs banderoles et ont marché sur l’hôpital des enfants à Tsaralalàna pour rejoindre l’hôpital Ravoahangy Andrianavalona où ils ont observé un sit-in devant les services des urgences.
À cette grève des médecins s’est ajoutée la décision des paramédicaux de ne plus servir la nuit comme ils l’ont fait jusqu’à ce mardi 3 juillet. Il faut rappeler que dans le cadre de leur lutte syndicale, les paramédicaux ont décidé de ne plus travailler le jour mais seulement d’assurer les services de nuit. Mais parce que leur président, Jean Valérien Rakotonandrasana, a été arrêté par les éléments des forces de l’ordre après que celui-ci leur ait expliqué les raisons du refus de soins aux blessés des bousculades devant le portail du stade de Mahamasina lors de la CAN de Rugby, les paramédicaux ont suspendu leur travail. Pour les paramédicaux, leur président n’a commis aucune infraction pour être ainsi arrêté, aussi exigent-ils la libération immédiate de leur confrère sinon ils vont cesser leur travail. En tout cas, ce mercredi soir du 4 juillet, le syndicaliste était encore entre les mains des forces de l’ordre ; ce qui ne peut signifier que les paramédicaux auront donc déserté eux aussi leur lieu de travail de nuit. Qu’adviendra-t-il des malades et des patients hospitalisés ? C’est la faillite de la santé publique.







