Arrivé à Paris ce mardi 6 décembre 2011, le président de la transition, Andry Rajoelina, a été aussitôt reçu en audience par le secrétaire général (SG) de la Francophonie, Abdou Diouf. Le secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) n’y est pas allé par quatre chemins pour exprimer sa satisfaction d’accueillir à son bureau le dirigeant d’un pays où la langue française est la langue officielle et parlée sinon comprise dans ses rudiments par au moins la moitié des 20 millions d’âmes ; qui plus est, un pays où les ressortissants français recensés s’élèvent à près de 25 000 individus, soit une des plus importantes communautés françaises à l’étranger. Selon le communiqué du chargé de communication de la présidence de la Haute autorité de transition (HAT), le sénégalais Abdou Diouf ne s’est pas privé de féliciter Andry Rajoelina de la patience, du sens du compromis et des sacrifices qu’il a manifestés et concédés dans la mise en œuvre de la feuille de route pour permettre à la transition d’avancer. « Vous avez manifesté, aux yeux de tous les Malgaches et du monde entier, votre sens aigu d’homme d’État et de leadership » ; tels sont les propos d’Abdou Diouf tels que rapportés dans le communiqué.
De l’avis donc du SG de l’OIF, Andry Rajoelina n’aurait pas tergiversé mais aurait plutôt, en vrai leader et en grand homme d’État, préféré dépenser beaucoup de temps pour trouver le chemin de sortie de crise idoine. On s’interroge alors comment Abdou Diouf qualifierait-il les nouveaux dirigeants tunisiens ou nigériens ? Il est vrai que ce n’est pas Abdou Diouf qui a dû subir ces trois années de crise malgaches. Il est loin d’imaginer la galère des ménages malgaches qui endurent plus de deux ans de désarroi devant l’insécurité, le chômage et en sus pour certains ces derniers jours, les coupures d’électricité et d’eau. Tout cela parce que les promesses d’Andry Rajoelina sur la place publique ont été rangées dans les tiroirs au profit d’autres intérêts et d’autres causes inavouables, telles les retombées du commerce de bois de rose insinuées par les organismes internationaux ou nationaux de protection de l’environnement et de la biodiversité malgache ; ou encore la reconnaissance internationale, insoupçonnée et non prévue lorsque ses partisans et lui-même étaient encore sur la place du 13 mai.
Quoi qu’il en soit, Andry Rajoelina est tout heureux d’être enfin invité officiellement par la France et reçu à titre de chef d’État par le Secrétaire général de l’OIF qui lui promet son soutien indéfectible au processus de transition. Mieux, s’appuyant sur l’audience officielle accordée par Nicolas Sarkozy, Abdou Diouf se porte même garant du soutien de la France pour la suite de la transition. Une revanche sur l’histoire récente des visites à titre privée ou de visite de travail en France ; mais surtout un camouflet à l’ancien président en exil en Afrique du Sud qui ne s’attendait vraisemblablement pas à une tournure aussi rapide de la situation alors même que Louis Michel avait encore voici quelques heures réclamé un renforcement des sanctions contre la régime de transition conduit par Andry Rajoelina.







