Progressivement, les proches du pouvoir préparent l’opinion publique à la perspective d’élections qui n’auraient lieu qu’en Mai ou Juin 2013, en conformité avec le calendrier proposé par l’ONU. Après la multiplication de déclarations de diplomates étrangers soulignant qu’il fallait éviter de confondre vitesse et précipitation, les responsables politiques, Premier ministre en tête, s’évertuent à souligner que pour que ces élections soient reconnues par la communauté internationale, il était nécessaire qu’elles soient organisées avec celle-ci. Y compris au sein de formations politiques situées au coeur de l’ex-HAT comme l’UDR-C, des voix relèvent que Madagascar ne peut se permettre d’organiser seule un scrutin, au risque que celui-ci soit qualifié d’unilatéral. Quant aux appels à organiser au moins une élection cette année, ils se font désormais plus rares.
2 milliards d’ariary et 250 ordinateurs ont certes été récemment octroyés à la CENIT, mais si l’on rapporte ces chiffres aux 42 milliards d’ariary inscrits dans le budget 2012 pour l’organisation des élections, il serait hasardeux d’affirmer que ce geste marque une volonté ferme de tenir un scrutin dès cette année. Si les élections constituaient vraiment la priorité absolue du moment, le nombre d’invités aux réceptions du 26 juin à Iavoloha ne s’élèverait sans doute pas à 2600.
Malgré les propos diplomatiques, il faut également nuancer l’importance accordée aux élections au sein de la communauté internationale. Le rapport de la mission des Nations Unies sur l’évaluation des besoins électoraux est édifiant. On y lit (traduction libre) :
« le passage de la mission a été considéré par nombre d’interlocuteurs [d’autres organisations] comme le déclencheur pour eux d’un examen d’un éventuel soutien au processus électoral. Seule l’Union Européenne a élaboré un clair dessein pour l’assistance électorale, dans le cadre d’un plan de reprise de la pleine coopération avec Madagascar. Le support au processus électoral est lié à une évaluation positive des résultats de la mission d’évaluation des besoins. Une contribution financière de 10 millions d’Euros à un fond est probable. Il est douteux que le déblocage des sommes puisse avoir lieu avant le mois de Novembre. L’UE a déployé une mission destinée à initier le processus qui pourrait conduire au déblocage de financement. La mission des Nations Unies a eu des échanges fructueux avec cette mission, qui arrivait lorsqu’elle partait. »
En clair : pas de contribution importante de la communauté internationale avant Novembre. Non seulement le temps c’est de l’argent, mais la réciproque est également vraie.
Et même alors, à en croire le rapport, l’on serait assez loin d’élections qu’on oserait pleinement qualifier de « placées sous l’égide de l’ONU » : dans chaque région, l’on aurait essentiellement affaire à deux ou trois volontaires des Nations Unies chargés d’un appui logistique aux opérations, ainsi que de participer à l’enrôlement des électeurs et à leur éducation. De toute évidence, il n’y a pas grande mesure entre les coûts malgaches et les coûts onusiens ; mais les organisations malgaches issues de la société civile arriveront-elles à prouver qu’elles peuvent faire mieux ?







