Au cours d’un point de presse tenu ce mercredi 24 février, le Ministre de l’Énergie, Rodolphe Ramanantsoa a confirmé les informations révélées lundi par nos confrères de la Gazette De la Grande Île concernant l’existence d’un très important détournement d’argent à l’agence de Toamasina de la société nationale d’eau et d’électricité JIRAMA. Cependant, si nos confrères évoquaient le chiffre de plus de dix milliards d’Ariary, le bilan retenu par le Ministre est sensiblement inférieur puisque 4 milliards d’Ariary auraient ainsi été détournés entre 2007 et 2009.
Les explications du Ministre ont permis de comprendre qu’un audit a relevé des grosses discordances entre les versements bancaires reconnus par l’agence de la BNI à Toamasina et les justificatifs détenus par la comptabilité de la JIRAMA. Pour cacher la réalité, un réseau de complicités aurait ainsi introduit des reçus de versements fictifs et substitué des relevés de comptes falsifiés à ceux authentiques.
Selon le ministre, un réseau de complicités incluant des agents de la Jirama et la banque BNI serait à l’origine des détournements. Dans un communiqué publié hier soir, cet établissement bancaire déclare cependant ne se reconnaître aucune responsabilité dans cette affaire et évoque l’utilisation de faux documents à entête de la BNI MADAGASCAR.
Ces révélations interviennent alors qu’il semble flotter une ambiance de règlement de comptes entre l’actuelle direction de la JIRAMA et l’équipe de direction composée d’allemands qui exerçait à l’époque du gouvernement Ravalomanana. On est en tout cas en droit de se demander si l’ampleur et la durée de ces pratiques frauduleuses, qui auraient normalement pu être découvertes par des opérations de rapprochements bancaires périodiques, révèlent un grand laxisme dans la gestion de la trésorerie de la JIRAMA ou des complicités de haut niveau.
Recueilli par Yann





