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Culturel

Exposition : « Mémoire fossile »

Des souvenirs à travers la peinture d’un maître

vendredi 6 mars 2009 | Arena R

Franco-malgache, Liladhar Sandjay est l’un des maîtres de la peinture malgache. Et comme nombre de maîtres qui ne se dévoilent que très rarement, le peintre nous revient après plusieurs mois, voire des années d’absence dans les galeries nationales. Il expose « Mémoire fossile » au centre culturel Albert Camus (CCAC) depuis le 3 mars. Cette exposition durera environ une vingtaine de jours, jusqu’au 21 mars. A cause de la situation qui prévaut dans la capitale actuellement, le vernissage n’aura lieu que lundi 9 mars.

« Mémoire fossile » est un projet né pendant une balade dans les rues de Toamasina où le peintre habite. La vue d’une image abimée par le temps sur un vieux journal l’avait fait tiquer. Il s’en est inspiré pour peindre des tableaux dignes de ce nom. Ainsi, Liladhar Sandjay a-t-il dû se souvenir d’un dicton qui dit que, « les paroles s’envolent, les écrits restent ». L’image, elle aussi, même détériorée par le temps, « fossile », reste poinçonnée dans la « mémoire ».

Les couleurs, rouille et rouge, les matières comme la peau de zébu, les morceaux de carton, les fibres de raphia, jouent un rôle important dans les expressions de l’artiste peintre. Son talent irréprochable de dessinateur, rend beaucoup plus vivant et expressif les œuvres. Et pour témoigner, une fois de plus, de sa virtuosité, le maître se fait remarquer par un coup de pinceau très léger et précis.

Le rouge pour Liladhar Sandjay témoigne son attachement à Madagascar également dénommée « L’île Rouge ». Mais c’est aussi un symbole puissant, une source de passions incontrôlées, de pulsions, d’énergie, de vie et de mort… « Le rouge, c’est le sang qui symbolise la mort mais aussi et surtout la vie… qui transcende la mort », ajoutait l’artiste.

Sentimental ou passéiste ?

Le rouille pour sa part, devrait être le signe d’une ancienneté, d’altération avec le temps…

En visitant cette exposition, quelques images restent collées dans « la mémoire », car elles se répètent ou très frappantes : une mère qui porte un enfant sur son dos, et le regard pénétrant, soucieux des enfants comme pour dénoncer la souffrance qu’ils subissent au quotidien. Sentimental ou passéiste ? Ces expressions du visage, mises en exergue par la couleur blanche utilisée pour les illuminer et la technique classique qui fait la renommée du peintre, devraient vous ramener dans un souvenir lointain, « fossile ».

Us et coutumes, le savika et les zébus, ne sont pas oubliés dans cette exposition. Les zébus en particulier sont liés à la culture malgache. Les scènes de vie quotidienne ne sont pas en reste. La plupart des tableaux d’ailleurs évoquent ce sujet, comme les journaux en parlent presque à chaque numéro. Le plus souvent, ce sont des scènes de vie qui démontrent la misère, la souffrance et la pauvreté dans lesquelles femmes et enfants du pays sont plongées contre leur gré.

Comme Liladhar Sandjay l’a toujours expliqué, ses œuvres ne sont pas des peintures de décoration. Sa peinture est une thérapie, une chirurgie et une autopsie. Et cette fois-ci, si l’autopsie ne concerne pas l’essence de la vie et de la mort, elle touchera les souvenirs et la mémoire.

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