Pendant que se déroulent au Centre de conférence international à Ivato, les 27 et 28 mai 2009 les assises des militaires, le groupement des ingénieurs protestants réclame ce qu’il appelle le « réingeenering des forces armées ». Ce groupement appelle à « la dissolution des forces armées pour la simple raison que ce sont toujours les forces armées qui apportent le malheur à la population ». Et il évoque les morts par balles en 1972, en 2002 et en 2009.
Cet appel intervient alors que le corps des militaires est en train de serrer les rangs et d’avoir une vision commune de leur métier et de l’avenir des forces armées. Cette interpellation de la part d’un groupement civil intervient aussi au moment où les dirigeants politiques sont en train de promettre aux forces armées de meilleurs traitements et des motivations sociales comme récompenses au service rendu.
Une seule armée mais deux perceptions
Ici encore, deux conceptions ou perceptions sont en présence. D’une part, ces ingénieurs qui croient dur comme fer que les forces armées sont à l’origine de tous les malheurs et ont toujours semé le désordre. D’autre part, il y a les forces armées et les gouvernants qui trouvent que sans l’armée, le désordre et l’anarchie auraient envahi et détruit le peuple et le pays. D’un côté, on voit une armée destructrice et de l’autre une armée qui rétablit l’ordre en faveur du peuple. Il faut se dire qu’il n’y a pas deux armées mais une seule.
Quelque part, on doit admettre avec le colonel Noël Rakotonandrasana, ministre de la Défense de la HAT, que les politiciens ne sont pas étrangers à tous ces événements et qu’il faut que les forces armées demeurent unies et solidaires pour la patrie, car contrairement aux régimes qui passent et qui changent, les forces armées demeurent.
Pendant les assises militaires d’Ivato, tous les corps et tous les hommes en armes de tous grades, actifs ou à la retraite, se sont réconciliés. Ils se sont par la suite penchés sur divers thèmes ayant trait à leur métier et vis-à-vis de la hiérarchie et des ordres formulés par les hiérarchies.
Crédits immobiliers
En tout cas, malgré la situation économique et financière, le gouvernement leur a promis des salaires et primes motivants, mais aussi des moyens plus efficients comme des hélicoptères - au nombre de quatre - pour lutter contre les « dahalo ». Monja Roindefo leur a promis également de se pencher sérieusement sur les crédits immobiliers. Des promesses qui ne sont pas passées inaperçues chez les fonctionnaires que le Premier ministre de la HAT a devancé, en les assurant que leur sort ne sera pas oublié au moment d’une assise des fonctionnaires prévue ultérieurement.
Bref, des promesses par-ci, des promesses par-là, pour renforcer la cohésion sinon pour réduire les foyers de mécontentements murmurent les sceptiques. Quoi qu’il en soit, un appel officiel aux éléments des forces armées qui n’ont pas rejoint les rangs ou qui n’ont pas déposé les armes, a été lancé. Cet appel se veut apparemment conciliant.





