Ils étaient neuf (9) officiers supérieurs conduits par les lieutenants- colonels Charles Andrianasoavina et Lylison René à inviter la presse au Palais d’Etat d’Ambohitsorohitra ce mardi 17 novembre. Ils ont publiquement invité pour ne pas dire réclamé à ce que les trois autres mouvances (auxquelles ils n’appartiennent pas) ne revendiquent pas les six postes ministériels qui reviennent de droit au chef de l’Etat qui exerce les fonctions de président de la République. Sur la foi des définitions de Wikipedia à propos de fonctions régaliennes du chef de l’Etat, ils déclarent que ces postes ministériels sont les suivants : les Affaires étrangères, la Défense nationale, la Justice, les Finances et Budget, l’Intérieur et la Sécurité intérieure.
Bref, ils avertissent que si jamais les autres mouvances continuent de revendiquer ces postes ou évoquent ces postes dans les discussions, ces autres mouvances seront responsables du blocage du processus. Ces militaires avouent qu’ils ont mis en place le chef de l’Etat, Andry Rajoelina et ils n’admettront pas que les autres mouvances le dépouillent davantage de ses fonctions et attributs car il est le chef suprême des armées. Ils l’ont dit : ils n’obéiront qu’à ce chef de l’Etat et à la hiérarchie établie.
À beaucoup d’égards, ces officiers supérieurs donnent alors l’impression qu’ils ont reçu l’ordre de défendre la mouvance Andry Rajoelina dans les négociations avec les autres mouvances sur la répartition des postes dans le gouvernement de consensus, qui relève plus d’un ordre politique issu des accords de Maputo I et de l’Acte additionnel d’Addis-Abeba. Quand on sait que les forces armées ont déclaré urbi et orbi qu’elles entendent désormais observer la neutralité depuis leur assise d’Ivato, on s’inquiète sur l’intérêt que l’on peut accorder à leur parole d’honneur.
En tout cas, l’homme du commun a compris depuis le point de presse du président Andry Rajoelina à son retour d’Addis-Abeba que les ministères des forces armées, le secrétariat à la Gendarmerie et le ministère de la sécurité demeureraient tels quels ; il en est de même de la hiérarchie. La raison invoquée était la stabilité du pays. Quant aux autres postes ministériels, ils sont mis sur la table des négociations qui, rappelons-le, sont des négociations politiques. On a aussi compris que la mouvance Andry Rajoelina a du négocier car elle a pris le pouvoir sans passer par la voie démocratique ni par les urnes mais par la rue.
Ou bien les officiers qui étaient hier à Ambohitsorohitra sont-ils des hommes politiques ? Bien qu’ils aient dit que les forces armées sont unies et solidaires, si jamais des officiers supérieurs exprimaient publiquement des avis contraires aux leurs, avec la même détermination, qu’adviendrait-il ? En tout cas, ce mardi 17 novembre au Carlton, il y eut des hommes en uniformes qui, apparemment, s’affichaient aux côtés des membres de la mouvance Zafy Albert.
Comme le dit Dr. Emmanuel Rakotovahiny, le peuple ne peut plus souffrir davantage, et que l’on arrête d’ajouter de l’eau au moulin des sanctions qui planent car ces sanctions ne seront levées qu’au fur et à mesure que le processus de Maputo avance.





