Des étudiants de l’université d’Antananarivo, mais originaires du grand sud, ont accusé ce mercredi 21 septembre le président de l’université de Barikadimy/Toamasina d’être responsable des bagarres meurtrières auxquelles s’étaient livré le 10 septembre dernier des étudiants éméchés, voire plus, du campus de Barikadimy. Ce jeudi 22 septembre, des étudiants originaires du grand sud sont allés auprès du ministère de l’Enseignement supérieur pour réitérer ce qu’ils avaient déjà réclamé depuis Toamasina – c’est-à-dire la tête du président de l’université, Horace Gatien, pour que la situation se calme disent-ils. Sinon, ils vont entreprendre quelque chose sans aucune précision. Bref, une menace ou un ultimatum en quelque sorte. En tout cas, ils ont fait comprendre qu’ils ne peuvent attendre les résultats ou les rapports d’enquêtes de la commission mixte car ils craignent une année blanche sachant que l’université de Toamasina est encore fermée à la suite de ces événements.
Lors de la rencontre avec cette délégation d’étudiants de Toamasina originaires du grand sud, le ministère de l’Enseignement supérieur a expliqué qu’une telle déchéance d’un président de l’université nécessite conformément aux textes réglementaires en vigueur, la constitution d’une commission d’enquête qui écoutera les autorités responsables de l’université et leurs collaborateurs. La commission en question déterminera les responsabilités et soumettra un rapport que le ministre présentera devant le conseil de gouvernement à qui revient le dernier mot. C’est lorsque les preuves de culpabilité ou de défaillances du président à l’égard de ses responsabilités seront vérifiées qu’il peut être déchu de son poste, a-t-on compris.
En tout cas, on voit mal en quoi un président d’université peut-il être responsable des actes de voyeurisme ou des bagarres entre étudiants alors même qu’il avait déjà levé la franchise universitaire et que des forces de l’ordre auraient déjà été présentes sur le site. De plus apprend-on de source locale à Toamasina que ce président de l’université avait déjà pris en charge tous les frais d’hospitalisation des étudiants blessés. C’est un peu comme accuser le président de la HAT ou le Premier ministre d’être responsables des accidents de circulation meurtriers commis par un de leur chauffeur éméché. Le chef de l’État et le chef du gouvernement peuvent-ils être tenus responsables des crimes que des administrés, tels les dahalo ou les déserteurs, font subir à leurs compatriotes dans les campagnes ou sur les routes nationales ?
Pour beaucoup, le comportement de ces étudiants est suspect et se plier à leurs exigences ou leur chantage présente des dangers pour l’avenir de nos universités voire pour l’avenir de l’unité nationale. À noter que d’autres confrères et des observateurs estiment qu’il faut laisser faire la justice car saisir cette mort d’homme comme une opportunité pour faire valoir des intérêts partisans au détriment de l’intérêt général et au prix de l’unité nationale est nocif pour la solidarité malgache et pour l’avenir des générations futures. A notre avis, il faut mettre les points sur les i.
C’est ce vendredi 23 septembre que cette délégation d’étudiants originaires du grand sud va rendre compte de sa mission à ceux qui les ont mandatés. Affaire à suivre.




