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mardi 27 septembre 2016
Antananarivo | 11h37
 

Lu ailleurs

Intellectuels africains :

Des éclaireurs éblouis ?

mercredi 24 août

Il est communément admis que moins un gouvernement est interventionniste, plus les individus sont libres. Le prix Nobel d’économie Friedrich Hayek dérangeait lorsqu’il affirmait qu’un gouvernement est d’autant plus utile au bien commun, qu’il intervient modérément. Pourtant, si l’on prend le cas de l’Afrique du Sud, le gouvernement y est plus lourd et plus puissant que jamais. Pourquoi cet environnement coercitif est-il si attractif en particulier pour les intellectuels dont la majorité lutte contre les marchés libres ? On se demande foncièrement pourquoi ?

La liberté personnelle est souvent déformée et mal comprise. Ce n’est pas la loi de la jungle ! Elle signifie simplement que les individus et leur propriété sont protégés des abus extérieurs. Le consentement est au cœur de la liberté individuelle. Comment parler de liberté lorsque que des lois sur la santé déterminent ce que vous devez consommer ; lorsque les lois du travail imposent les termes du contrat qui vous lie à votre employeur ; lorsque la loi foncière décide à votre place du sort de votre parcelle de terre, etc.

On a tendance à croire que la liberté est dangereuse car les populations ne sauront pas en faire un bon usage. Liberté est souvent synonyme d’exploitation dans l’entendement commun. Etrangement, on considère que les populations sont assez intelligentes pour voter, mais trop stupides pour contrôler leurs vies. En réponse à cette crainte : la réglementation. Tout doit être règlementé, régulé, encadré… Nelson Mandela lui-même, en son temps, n’avait pas eu peur de libéraliser l’éducation. Celui qui est entravé dans la réalisation de ses choix de vie a souvent tendance à devenir hors la loi pour tenter de se construire malgré l’hostilité du contexte.

Les adeptes du pouvoir sont dans un fantasme étonnant que souligne clairement le philosophe David Friedman. Ils pensent que la qualité des dirigeants d’un pays est forcément favorable au bien commun et cela sans dérives, sans excès, sans copinage. Cette vision fait certes rêver mais est loin de la réalité de l’exercice du pouvoir. La mauvaise gouvernance incite plutôt à limiter le pouvoir de l’Etat à ses fonction de base en laissant l’économie entre les mains du secteur privé, malgré ses imperfections.

On se demande pourquoi des gens, animés par ce que Georges Orwell qualifiait de décence ordinaire, peuvent laisser un gouvernement décider à leur place de ce qui est bien ou mal dans leur propre vie. Tous les gens ne sont pas identiques et le bien être ne peut pas être le même pour tous. Chacun connaît ses besoins et ses désirs et c’est au niveau individuel que ce choix peut être fait. Ce n’est pas au gouvernement de faire tous les choix, il doit simplement permettre ces choix et les protéger à travers une justice efficace et égale pour tous.

Alors que la loi n’autorise pas un individu à menacer un autre individu innocent, lorsqu’il s’agit de l’action de l’Etat, on devrait se satisfaire de tous les abus sans se plaindre et en qualifiant en plus ces abus de service public. Où est le service ? Il n’y a pourtant pas d’autre choix que de se soumettre à cette médiocrité étouffante.

Ainsi, d’évidence, malgré des imperfections, la loi d’un marché libre est plus stimulante que l’oppression de l’Etat. C’est aussi la dignité des populations qui est protégée. La liberté est le socle de la création, de l’innovation, de l’entreprise, des échanges et permet à chacun de valoriser ses propres compétences dans son propre environnement. La coercition étouffe tous les rêves et idéaux.

Soulignons aussi que l’interventionnisme étatique a un coût supporté par les contribuables. Rien n’est gratuit. Les gouvernants ont pourtant tendance à parler de cadeaux et de gratuité. Au delà, le problème est que le coût supporté par le contribuable, mis en relation avec la qualité du service rendu, incite vivement à mettre en concurrence services publics et privés de manière à faire un choix éclairé (rapport qualité prix). Cela permettrait, en plus, une réduction du copinage et de la corruption. On a parfois l’impression que les lois sont plus dictées par des lobbyistes que par les besoins des populations.

Malheureusement, les intellectuels qui devraient jouer le rôle d’éclaireurs se laissent éblouir en se nourrissant aux mamelles de l’Etat. Dans un tel contexte, il faut espérer que cette décence ordinaire, évoquée plus haut, puisse coaliser les masses pour avancer sur la voie du changement. La défaillance de l’Etat incite, en Afrique, à voir le développement par le bas (bottom up). Ce sera certes long mais la mission de la société civile est résolument de coaliser cette force positive favorable au bien commun.

Leon Louw, directeur exécutif The Free Market Foundation.

Article publié en collaboration avec Libre Afrique.

5 commentaires

Vos commentaires

  • 24 août à 11:22 | Eloim (#8244)

    Un article qui mérite beaucoup de réflexions.

  • 24 août à 13:57 | Jipo (#4988)

    « Les populations sont assez intelligentes pour voter » : faut le dire vite, dire le contraire serait qualifié de dictatorial, et pourtant quand on voit les bandits qui sont au pouvoir, excusez du peu , il y a + que de quoi en douter ...
    Si ce n’ est faire croire et vanter l’ intelligence,(de la naive bêtise) pour ensuite mieux la fouler au pied comme le font ceux qui se sont présentés, comme candidats, ( qui nous prennent pour des kons d’ ou la contradiction) on ne peut que constater que ces derniers sont eux-mêmes dupés par leur sponsors & créanciers, j’ ai cité les lobbyings financiers polymorphes particulièrement internationaux qui se foutent magistralement des électeurs & de leurs élus, raison pour laquelle à Madagascar comme tous régimes bananiers, les spermatozoïdes qui ont réussi à approcher l’ ovule, ne veulent plus la quitter, foulant au pied les raisons et objectifs de leur présence sans le moindre scrupule , sachant que la rampe de lancement est constituée de sièges éjectables sur lesquels la jirama n’ a aucune emprise .
    Comme le demandent certains , on ne peut mettre sous tutelle la population mondiale, ce que les grandes puissances économiques s’ emploient à faire petit à petit, le nouvel ordre mondial n’ en est qu’ une partie apparente de l’ iceberg .
    La liberté comme la démocratie, sont des leurres, bien sur que c ’est toujours mieux que des dictatures, mais cela revient toujours à se poser la question entre : vivre asservi ou crever libre ?
    Entre les deux la politique de l’ autruche = « démok-rassie » le moindre des maux...
    Oui la liberté n’ a pas de prix, tout comme la santé, mais elles ont un cout que tout le monde n’ a pas toujours les moyens de payer , alors : on fait quoi , à part se mettre dessus pour savoir qui veut quoi , sachant que l’ intérêt général passe toujours après le privé qui se cache derrière ?

  • 25 août à 13:28 | Twinkie (#9611)

    Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce qui est écrit dans cet article. C’est un article qui va dans le sens de la doctrine néolibérale avec tous les dégâts qu’elle a engendré.
    Voyons l’exemple de Mada, il n’y a tellement plus d’état que c’est l’anarchie. Or on se souvient que les fonds du FMI etc n’ont été accordés qu’à condition que l’état se désengage.
    Concrètement, en quoi cela a t il amélioré le quotidien de la population ?
    Est-ce que l’éducation se porte mieux ?
    Est-ce que les gens sont en meilleure santé ?
    Est-ce qu’un citoyen lambda arrive vraiment à faire de l’entreprenariat ?
    La liberté dont il parle n’est que fictive. La réalité est que ce système accroit fortement les inégalités, les riches sont encore plus riches, et les pauvres en plus d’être plus pauvres sont également plus nombreux !
    N’oublions pas aussi que les classes moyennes se sont constituées en Europe grâce à un état fort.
    Des millions de brésiliens sont sortis de la pauvreté grâce à un état fort.

  • 25 août à 14:43 | Ibalitakely (#9342)

    -  « a tendance à croire que la liberté est dangereuse car les populations ne sauront pas en faire un bon usage. Liberté est souvent synonyme d’exploitation dans l’entendement commun. »
    -  « Malheureusement, les intellectuels qui devraient jouer le rôle d’éclaireurs se laissent éblouir en se nourrissant aux mamelles de l’État. Dans un tel contexte, il faut espérer que cette décence ordinaire, évoquée plus haut, puisse coaliser les masses pour avancer sur la voie du changement. La défaillance de l’État incite, en Afrique, à voir le développement par le bas (bottom up). Ce sera certes long mais la mission de la société civile est résolument de coaliser cette force positive favorable au bien commun. »

    Si un pays est non seulement pauvre mais que cela s’aggrave de jour en jour c’est qu’un cercle vicieux tourne à une vitesse étourdissante, cercle vicieux tel [pauvreté-égoïsme-bassesse d’esprit-m’enfoutisme-…-pauvreté] dont la pauvreté en est aussi le noyau & qu’il faut briser en tout premier lieu. & puisque nul ne l’ignore qu’à Madagasikara les Malagasy sont à 70% ou 75% des tantsaha ou ruraux donc c’est de ces zones rurales qu’on devrait & d’urgence améliorer la vie au quotidien & comment : SI LA SÉCURITÉ DE CES TANTSAHA sont bien assurée par les dirigeants & qu’ils peuvent bien aisément élever & cultiver en toute sécurité & sérénité, à part les semences & les engrais, que demande le peuple … rural ? Fini les exodes pour vendre sur les trottoirs ou faire des pickpockets ou tirer les rambaramba la journée & dormir à la réunion kely la nuit. Ils élèvent & cultivent pour eux d’abord puis pourront vendre ensuite les ambom-bava ou surplus familial si tout se passe d’une façon concluante & améliorante. Donc IL NE FAUT PAS CHERCHER PLUS LOIN car si les tenants du pouvoir s’y soucient grandement qu’ils envoient tous ces bôdega (gendarmes) [1] & marasily (militaires) en majeure partie descendre en brousse & de mater jusqu’à l’unité les dahalo & autres malaso. & j’en suis vraiment sûr que ces bailleurs fond & pays amis savent tout cela mais peut-être le développement d’un pays comme Madagasikara est-il vraiment leurs missions ???
    • [1] : tous ces gendarmes prévus initialement selon leur existence travailler à la campagne & non entassés dans des camps situés en plein milieu de grande ville tel celui de Betongolo, de toby RATSIMANDRAVA, d’Andrainarivo (fort Duchesne), Ankadilàlana & autres ainsi que ces militaires qui ne passent leurs tps dans un camp qu’ à se rassembler, faire du « inona ny loaka androany, aombeh », des parties de belotte-rami-pocker ou de domino ou de pétanques.

  • 26 août à 09:44 | Isambilo (#4541)

    La référence à Von Hayek suffit à discréditer le reste.

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