Les ministres de la mouvance Ravalomanana n’ont toujours pas rejoint les conseils de gouvernement ; ils attendent l’issue de la rencontre des Seychelles entre Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina. Selon le ministre de l’Intérieur, Florent Rakotoarisoa, magistrat de son état et issu du groupement Les AS, interrogé par la presse à propos de l’effectivité de la suspension décidée par le conseil des ministres à l’encontre des 5 ministres de la mouvance Ravalomanana, la situation est encore floue. « La suspension a été déclarée en conseil des ministres cependant il est difficile de l’appliquer dans le concret du moment que les ministres et départements concernés n’ont pas encore été notifiés – par écrit faut-il préciser. On ne peut informer verbalement les services publics de la non validité des ordres et signatures des ministres de la mouvance Ravalomanana car cela ne se fait pas dans l’Administration ; c’est comme dans les pratiques judiciaires et dans un État digne de ce nom, où l’effectivité d’une décision tel un décret ou un arrêté, sa validité commence à partir de la date de notification de la personne ou de l’institution concernée ».
Le cas des ministres de la mouvance Ravalomanana n’est pas isolé car il y a pire. Celui du Dr. Joseph Randriamiarisoa, issu de la mouvance Zafy est flagrant. Un décret a été signé par le président de la transition et contresigné par le Premier ministre de consensus du gouvernement d’union nationale, mais le docteur Joseph Randriamiarisoa travaille toujours dans les locaux du ministère de l’Environnement. La passation de service avec le ministre par intérim, en la personne du Premier ministre Omer Beriziky traîne depuis des mois sans que l’État ne prenne les dispositions pour que le décret prenne effet.
Selon le ministre de la mouvance Zafy, Tabera Razafimanantsoa, qui exprimait ce mercredi 25 juillet à la presse son point de vue à ce sujet, la situation est simple. Le gouvernement de transition d’union nationale n’est pas la propriété d’une seule mouvance ou d’une seule personne mais de toutes les parties signataires de la feuille de route. Dès lors toutes les questions importantes, tel ce genre de limogeage ou de suspension, doivent être discutées avec les parties avant toute prise de décision. Et il ajoute : « une fois qu’une décision a été prise de manière consensuelle, telle l’application des deux articles 20 et 45 par exemple qui a été prise en conseil selon Tabera Razafimanatsoa (ndlr : mais non communiquée à la presse et donc non publiée), il faut la mettre en œuvre. L’article 20 autorise le retour sans condition de Marc Ravalomanana tandis que l’article 45 le remet entre les mains de la Justice pour qu’il rende compte de ses actes et purge ses peines. Mais surprise, quand Marc Ravalomanana voulait justement rentrer, la Présidence a diffusé un Notam à son endroit », s’indigne Tabera Razafimanatsoa.
Recueilli par Bill







