La « Conférence nationale » qui se tiendra la semaine prochaine du lundi 13 au samedi 18 continue de dominer l’actualité. Indéniablement la perspective de la tenue de cette réunion accélère une décomposition du paysage politico-social du pays : il y a ceux qui estiment qu’elle est maintenant légitime et ceux qui pensent plutôt que ce ne pourra être qu’une redite infructueuse des rencontres précédentes organisées sous le régime actuel.
Les trois mouvances, qui n’y participeront pas, ont déclaré ce vendredi qu’elles appellent à la poursuite de la médiation de la CNOSC. Elles soutiennent que la seule conférence nationale valable sera celle organisée par la CNOSC, et sera marquée par le soutien du médiateur Joachim Chissano, de la SADC et de l’Union africaine. Les trois mouvances affirment qu’une telle conférence nationale ne pourra avoir lieu que dans un contexte apaisé, garantissant une réelle liberté d’expression et marqué notamment par le retour des anciens présidents Ravalomanana et Ratsiraka.
La CNOSC a elle aussi déclaré hier que les conditions de la tenue d’une conférence nationale ne sont pas à ses yeux réunies. Et elle a rappelé qu’elle entendait organiser un deuxième round de médiation, sans toutefois avancer de date.
La CNOSC a cependant quelques difficultés à se présenter comme parlant au nom de toute la société civile. L’implication des raiamandreny mijoro et du Finona dirigé par le pasteur Nestor Razafindramanitra dans la préparation de la réunion de la semaine prochaine ressuscite sous une autre forme la rivalité passée entre Coalition et Alliance des OSC.
Ces tenants de la conférence viennent d’être renforcés dans leurs convictions par le ralliement d’une partie du CSR-AN. L’organisation dirigée par le Pr Blanche Nirina Richard connait à son tour le vent de la dissidence, avec 18 des 22 membres du comité directeur ayant annoncé ce vendredi avoir décidé de prendre part à l’organisation de la conférence.
Le Conseil consultatif constitutionnel s’est pour sa part manifesté, pour rappeler qu’il n’apporterait aucun projet tout rédigé à la conférence du 13 au 18 septembre. Il se contentera durant la réunion d’être ressource à la disposition des participants. Mais il présentera un questionnaire portant sur 138 points comme le caractère fédéral ou non de l’État, le caractère strict ou relatif de l’indépendance de la justice, la présence ou non de personnes nommées par le Président de la République au sein du Sénat...
Sur ces questions, si vote il devait y avoir au sein de la conférence, force est de constater que près des trois quarts des 2000 participants devraient être issus des Dinika santatra, à raison de 12 personnes par district. Et du coup les craintes sur la représentativité de ces délégués se multiplient. Même au sein des partis proches du pouvoir, l’on subodore des possibles manipulations et l’on demande la lecture sur les médias publics des résolutions de chaque district et la liste des délégués, afin que chacun puisse s’assurer s’il y a eu ou non manipulation depuis la tenue des Dinika santatra.
Quant aux partis politiques signataires de l’accord d’Ivato, leur unité semble bien fragile dès lors que l’on aborde la question des sièges. L’Escopol a néanmoins réussi à s’organiser en 7 commissions pour faire face aux prochains jours, mais la possibilité d’un bras de fer avec l’UDR-C et les « autres sensibilités » n’est pas à écarter.




