L’anniversaire de la 20ème promotion de l’Académie Militaire d’Antsirabe est célébré cette semaine, et le commandant Roger Luc, ombimanga de cette promotion, pourrait profiter d’une conférence de presse prévue aujourd’hui dans le cadre de cette célébration pour riposter aux officiers ayant réclamé publiquement l’attribution des ministères de souveraineté à la mouvance Andry Rajoelina.
Dans une lettre ouverte, cet officier qui avait déjà pris la défense de Manandafy Rakotonirina face au Commandant Charles Randrianasoavina s’est en tout cas d’ores et déjà prononcé contre le retour du militantisme en uniforme que signifierait l’autorisation qui aurait éventuellement été donnée aux « jeunes officiers » de tenir leur conférence de presse, déclaré que les bruits de botte remettent forcément l’idée d’un directoire militaire à l’ordre du jour, et en faisant comprendre que le pouvoir régalien appartenait à l’État et n’a rien à voir avec la tête du ministre qui gère le département, exprimé sa crainte que les Malgaches ne s’entretuent pour des fauteuils qui ne sont que des symboles.
La hiérarchie militaire semble avoir quelques difficultés à gérer cette multiplication de déclarations aux relents politiques. Le ministre des Forces armées, le général Noël Rakotonandrasana a promptement déclaré ne pas avoir été informé à l’avance de la conférence de presse tenue par les officiers d’Ambohitsorohitra, et a tout de suite rappelé la règle selon laquelle toute prise de parole devait passer par le ministre et le Chef de l’état-major général de l’armée. Dès mardi, il avait déclaré que chaque chef de corps connaissait déjà les sanctions qui devaient s’appliquer dans ce cas. Mais le chef d’État Major, le général André Ndriarijaona s’est montré plus prudent, dans l’attente de savoir si cette déclaration avait été autorisée ou non au niveau du chef suprême des armées.
Pour bon nombre d’observateurs en tout cas, la Grande Muette est devenue bien trop bavarde.





