Mercredi 25 mai la fine fleur des partenaires de Madagascar en matière sociale était réunie pour discuter de la protection de la population la plus vulnérable : Union Européenne, BIT, UNICEF, OMS, PAM , FID/Banque Mondiale et GIZ (anciennement GTZ) avec entre autres des représentants de syndicats de travailleurs et du patronat.
L’objet principal de la rencontre était de préparer l’appui à apporter à la couche vulnérable de la population après la sortie de crise en faisant des échanges sur les meilleurs pratiques d’aide dans le passé, réfléchir sur les principes d’efficience et d’efficacité des interventions et enfin les besoins de renforcement des capacités des intervenants.
Comme on le voit, il s’agissait plus d’échanges techniques mais la surprise est venue lors des exposés sur les fameux Himo dont le FID est le principal agent d’exécution à Madagascar. Le principe est connu : les communautés de base font monter leurs besoins à savoir voies de communication ou assainissement ou lutte contre l’inondation.... Il est choisi des exécutants suivant des critères assez stricts et pendant 50 jours maximum ils seront payés à 2500 ariary par jour. Cela fait une rentrée d’argent appréciable dans un foyer pour les besoins d’alimentation ou la scolarité des enfants.
Un débat dans le débat a eu lieu sur une intervention d’un syndicaliste qui a fait remarquer que par exemple dans les curages des canaux, les travailleurs travaillent à main nu et sans protection dans une eau sale. Alors que les organismes tels que le BIT ou l’OMS préconisent des méthodes aptes à protéger le travailleur. Comme l’a dit le modérateur « ça commence à chauffer ! »
Bien entendu la réplique n’a pas tardé à apparaitre pour dire que l’essentiel du financement est destiné d’abord à un transfert d’argent en faveur des plus pauvres et que l’achat de gants et bottes gonflerait les frais de fonctionnement et diminuerait la part pour les familles.
Dans le fond, le travailleur d’une zone franche mis au chômage pour suppression d’AGOA et crise veut mettre en avant que la décence est un élément à considérer aussi. Même tombé plus bas que terre le chômeur veut garder sa dignité. Cette aspiration entre-t-elle dans la panoplie de l’aide internationale ?




