Il n’y a pas qu’au niveau des acteurs politiques habituels qu’on est interpellé par la situation actuelle du pays. Bien que les débats qu’ils avaient organisé à l’université d’Antananarivo le mercredi 25 août dernier aient été un peu éclipsés par les querelles des politiciens, la Fondation Friedrich Ebert et le Youth leadership training program (Yltp) peuvent se féliciter d’avoir fait salle comble et permis un regard un peu plus neuf sur la problématique actuelle de sortie de crise.
Le thème de la journée était en effet « Focus conférence nationale ». Et les interventions de bon nombre de participants ont laissé filtrer leurs doutes sur la possibilité d’organiser sereinement une telle rencontre dans les délais annoncés, voire même dans des délais raisonnables. Le climat de méfiance générale risque de remettre constamment en doute la neutralité de l’organisation, et d’handicaper les modérateurs dans leurs tentatives pour calmer la fièvre des participants. Quant aux personnes qui seront chargées de synthétiser les débats, elles risquent fort d’être accusées de ne pas avoir réussi à mettre de côté leurs penchants politiques et convictions personnelles pour rédiger les rapports.
Il n’y a pas, à proprement parler, de mécanisme formel et reconnu permettant de valider l’organisation de telles conférences, a souligné une représentante du SEFAFI. C’est l’un des problèmes de la transition actuelle, au contraire d’une situation normale où il est censé exister un contrôle réciproque entre le Législatif et l’Exécutif. Et la présence de la société civile dans l’organisation ne représente nullement à elle seule une garantie.
Plus généralement, la représentativité des participants constitue l’un des points clés d’une telle rencontre. La confusion actuelle ne facilitera pas les choses : entre Dinika Santatra, conférence, forum, dialogue, assises, espaces et concertations, plus personne ne sait trop qui représente quoi, et il n’est pas rare que l’on remette en cause le respect par les représentants présents à une réunion, des aspirations réelles des adhérents de leurs organisations d’origine.
Aux yeux de beaucoup d’orateurs, la démarche ne pourra réellement réussir que si elle est précédée d’une campagne massive d’information. Ce n’est que si le simple citoyen est suffisamment éclairé au préalable des tenants et aboutissants des débats que la Conférence nationale pourra réellement prétendre à être inclusive. Sans une forte implication de la population, on ne ferait que renouveler les échecs précédents, comme le Forum national de 1992 dont les résolutions sur la Constitution ont été foulées aux pieds par les Présidents de la République successifs.
Recueilli par Patrick A.





