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Corruption : Comment prévenir la faillibilité morale ?

jeudi 29 janvier 2015

Lorsque la morale se heurte au profit, il est rare que le profit perde », a déclaré la députée afro-américaine Shirley Chisholm, une critique véhémente de la cupidité des entreprises. Les scandales, les escroqueries, les combines à la Ponzi et la crise financière amènent à s’interroger : la malhonnêteté, la corruption, la fraude et la cupidité ne seraient-elles pas les mauvaises cotés du capitalisme ?

Adam Smith, le doyen du capitalisme - qu’il appelle « liberté naturelle » - aurait été d’accord avec Chisholm. Dans son ouvrage fondateur il avait d’ailleurs écrit « Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du marchand de bière ou du boulanger que nous attendons notre dîner, mais bien du soin qu’ils portent à leur intérêt ».

Les arnaques, réelles et présumées sont partout, de même que les fraudes. Par exemple, j’ai intenté un procès, pour fraude et vol contre une des plus grandes entreprises en Afrique du Sud et je vais exposer une de ses escroqueries dans un prochain article.

L’intégrité douteuse est-elle une caractéristique des affaires ou des personnes en général ? Est-elle plus fréquente dans le capitalisme (affaires) ou dans le socialisme (gouvernement) ? Les ambitieuses et coûteuses politiques sont mises en œuvre par le gouvernement pour lutter contre les pratiques commerciales contraires à l’éthique. Est-ce que ce n’est pas l’hôpital qui se moque de la charité ?

Si l’on se fit aux médias, dans tous les pays, la corruption est plus répandue au sein du gouvernement que dans les entreprises. C’est pourquoi des termes tels que « dépravation » et « corruption » impliquent habituellement le gouvernement comme le dénominateur commun.

L’Afrique du Sud est classée dans la moitié inférieure de l’indice de perception de la corruption élaborée par l’ONG Transparency International. Le Président Sud-Africain Jacob Zuma a ordonné des enquêtes anticorruption dans divers ministères, y compris les travaux publics, les arts et la culture, l’éducation (le Cap-Oriental), le développement social, et même nos présumés protecteurs, la police. Le philanthrope anti-corruption, Bob Glenister, estime que nous sommes deux fois moins prospères que nous aurions pu l’être sans corruption. Les pertes directes, souligne-t-il, ne sont que la partie visible de l’iceberg. À cela nous devons ajouter le coût caché du départ de gens vertueux.

Lequel est plus coupable lorsque des entreprises payent des pots-de-vin aux hauts fonctionnaires ou aux politiciens ? Est-ce que c’est important de le savoir ? Lorsque le pouvoir discrétionnaire est monnaie courante, ceux qui le détiennent sont tentés de réclamer et les gens sont tentés d’offrir des pots-de-vin. Une caractéristique frappante de l’indice de la corruption et de l’indice de liberté économique est que les deux sont totalement liés. Le fait que les pays avec des gouvernements de petite taille subissent moins de corruption suggère que les gouvernements ont tendance à être plus corrompus que les entreprises. Mais la corrélation pourrait s’expliquer par d’autres facteurs, tels que des définitions biaisées ou encore des entrepreneurs habiles dans la dissimilation de la corruption.

L’entrepreneur Nic Frangos soutient de manière convaincante que « la corruption est agnostique », que c’est une « menace omniprésente » et qu’elle « s’amplifie lorsque certaines conditions sont réunies ». L’indice de la corruption définit la corruption comme « l’abus de pouvoir à des fins personnelles ». Il établit une distinction entre la « grande » corruption de haut niveau, la « petite » corruption impliquant les citoyens, et la manipulation « politique » pour le pouvoir, le statut et la richesse.

En combinant les enseignements d’Adam Smith, de l’indice de perception de la corruption et de Frangos, la solution devient évidente. Adam Smith a fait remarquer il y a 300 ans que les gens favorisent leurs propres intérêts plutôt que ceux des autres. Il est impossible pour eux de faire autrement. Ils ne poursuivent les intérêts des autres que s’ils coïncident avec les leur, ce qui se passe en l’absence de « circonstances » auxquelles se réfère Frangos. Le leadership éthique - une boussole morale - aide, mais parce que les gens sont faillibles, le plus important est de mettre en place les bons freins et les contrepouvoirs : l’état de droit, la séparation des pouvoirs et des fonctions, des règles de jeu objectives au lieu du pouvoir discrétionnaire, des objectifs clairement définis et quantifiés, la transparence, la responsabilité, le contrôle de l’efficacité, etc.

Un problème caractéristique du gouvernement, c’est que ceux qui font et appliquent des politiques publiques n’endossent aucune responsabilité en cas d’erreur. Platon, comme Smith, nous ont mis en garde contre la bienveillance affichée en politique : « Elle est la racine à partir de laquelle un tyran s’impose : quand il se présente, il le fait toujours en tant que protecteur ».

Par Leon Louw

Initialement publié en anglais par la Free Market Foundation

Article publié en collaboration avec Libre Afrique

5 commentaires

Vos commentaires

  • 29 janvier 2015 à 10:08 | betoko (#413)

    Lors de sa conférence de presse de dimanche après midi dernier , le président de la république disait au journaliste quand un de leur confère posa une question sur le trafic de bois de rose dont son fils serait impliqué , il disait , Vous qui êtes journalistes et avec des caméras , qu’est ce que vous attendez pour filmer ces trafiquants de façon à ce que vous auriez des preuves tangibles ’ Ce que je disais ici à maintes reprises , Si quelqu’un possédait un petit caméra(caméra caché ) on peut éradiquer une partie de la corruption et cela pourrait faire peur plus d’un , à commencer par la police ou la gendarmerie les quelles rackettent les taxi Be ou les taxis brousses

    • 29 janvier 2015 à 11:22 | plus qu’hier et moins que demain (#6149) répond à betoko

      Bonjour,

      La justice du moins jusqu’à ce jour n’acceptera jamais ce genre de preuve du fait de la prolifération des montages qui font pâlir de honte les vrais.
      Ne vous fatiguez pas à trouver des caméras et à filmer car cette réponse relève plus de la diversion que d’autres choses.

    • 29 janvier 2015 à 19:26 | betoko (#413) répond à plus qu'hier et moins que demain

      Si tout le monde pense comme vous ,jamais ce pays s’en sortira de la corruption ; On peut démonter devant des juges qu’il n’y avait pas eu des montages , Je vous trouve défaitiste

  • 29 janvier 2015 à 18:26 | Isambilo (#4541)

    Pauvre Leon Louw qui découvre les défauts inhérents au capitalisme. Un profit pour X est toujours la contrepartie d’une perte dans le capitalisme. La corruption ne fait que s’y rajouter.

  • 29 janvier 2015 à 20:41 | Rakotoasitera Fidy (#2760)

    Un film que l’on annonce des plus succulents va sortir ce 11 Février 2015

    Il s’intitule L’enquète

    Une BD ( qui , à mon avis , coute un peu cher ) a précédé la sortie de ce film

    Il s’intitule : CLEARSTREAM

    Vous avez compris : il s’agit de la fameuse affaire clearstream qui a donné un spectacle ahurissant et surrealiste opposant Sarkozy et Villepin

    Si ça vous dit

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