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jeudi 27 novembre 2014
 

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Compensation !

samedi 1er mars 2008

Lundi 25 février paraissait ici l’opinion des membres d’OTRIKAFO qui, à défaut d’une expérience personnelle, ne peuvent évoquer l’époque coloniale qu’à la faveur des mythes élaborés au fil des ans.

Ma présence à Madagascar, comme relgieux, remonte à plus de 70 ans et la poursuite d’activités assez variées me permettent peut-être de livrer quelques réflexions sur la vie du Pays durant les 24 années qui ont précédé l’indépendance .

Les ambitions colonisatrices de la France, à la fin du XIX° siècle, étaient comme une réaction de fierté après l’humiliante défaite de 1870, face à l’Allemagne, en même temps que rivalité envers l’Angleterre, présente sur toutes les mers, qui menait la croisade contre les pratiques immémoriales d’esclavage sévissant à travers le monde. Les célèbres Frères Maçons de France, Ferry, Grévy et Cie, imbus de la supériorité de la civilisation occidentale, nourissaient le propos d’en faire profiter la planète. Ils poursuivaient un rêve utopique d’assimilation, à la différence des Anglo-saxons tenants de l’apartheid. A partir de 1896, les investissements de l’Administration coloniale furent d’une telle importance qu’ils suscitèrent la réaction de certaines provinces francaises comme la Corse, qui se jugeaient moins bien servies. La sollicitude officielle se portait de préférence sur la santé, l’enseignement et les voies de communication.

C’est ainsi que l’assistance médicale gratuite a favorisé la croissance démographique, tandis que les entreprises diverses surtout commerciales, se développaient, faisant vivre honnêtement tout un personnel qui, plus tard allait déplorer les nationalisations ruineuses opérées par Didier Ratsiraka. La création d’Ecoles régionales ainsi que des voies de communication, visait l’égalité des chances et l’unification du Pays.

Qu’il y ait eu des vazaha méprisants, c’est clair, comme on peut voir à présent des nationaux sans respect pour des compatriotes, mais heureusement les autres ne manquaient pas, entretenant de bonnes relations de service sinon de voisinage, ainsi je garde le souvenir de l’excellente camaraderie qui règnait durant mon service militaire, à Soanierana en 1937-38, entre nous, Vazaha, Malgaches, Métis, simples soldats et avec les gradés. C’est l’époque où le Père Victor Sartre, futur archevêque, alors professeur de philosophie au Séminaire d’Ambatoroka, se souciait de préparer les esprits à l’indépendance et lançait le syndicalisme chrétien avec Monsieur Albert Ralibera. C’est alors qu’intervint le bouleversement de la Deuxième Guerre Mondiale avec les suites fâcheuses que furent les restrictions dues au blocus maritime, l’arrivée des Anglais et de leurs Zoulous, les oppositions des Français gaullistes et pétainistes, les erreurs et fautes de l’Office du riz, surtout enfin, le retour des soldats malgaches longtemps retenus au loin faute de transports maritimes et qui ne reçurent pas l’accueil chaleureux qu’ils méritaient. Et ce fut l’Insurrection de 1947, une autre histoire qui mérite un développement ultérieur. Mal préparée, elle laisse un goût amer chez les populations de la forêt de l’Est. Après des années de silence, le souci d’en faire une épopée s’est accompagnée d’une incroyable exagération sur le nombre des victimes. Si les affrontements militaires furent heureusement assez limités, ce sont les comportements de la police qui prolongèrent le malaise à la suite de dénonciations calomnieuses entre nationaux.

Cela c’est le passé. Vouloir y voir la cause des misères actuelles, est-ce honnête et scientifique ? Ayons le courage de mieux situer le problème et d’envisager les efforts d’honnêteté et de travail qui s’imposent. Le Père R. Ralibera, dans le bel ouvrage de « Souvenirs et Témoignages » qu’il vient de sortir rappelle que l’honnêteté et la conscience professionnelle règnaient encore dans les débuts de 1ère République . Ne serait-il pas temps d’y revenir pour enfin mériter l’estime et la confiance de la planète ? »

Jacques Tiersonnier S. J.

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