Le Collectif des Citoyens et des Organisations Citoyennes constitué d’associations de la société civile, de syndicats, d’opérateurs économiques et de citoyens civils et militaires, conscients de la nécessité de se regrouper pour trouver une issue rapide à la crise actuelle, rappelle les principes qui guident son action :
la neutralité engagée et l’indépendance,
la recherche d’une sortie de crise négociée et non par la force, et
la gestion consensuelle de la transition.
Le CCOC constate avec satisfaction que les négociations entre les mouvances politiques ont redémarré mais s’inquiète de la suspension actuelle. Il rappelle que le temps presse et engage les mouvances politiques à conclure dans les plus brefs délais car la situation économique et sociale ne cesse de se détériorer.
Dans le droit fil de son schéma minimaliste de sortie de crise, le CCOC souhaite énoncer ce qu’il considère comme devant être les principes qui sous-tendent les négociations, et la gestion de la transition en préparation.
En tant que membre de la société civile, le CCOC se doit de veiller à la primauté de l’intérêt supérieur de la Nation. Aussi, LA RECHERCHE DE L’INTERET SUPERIEUR DE LA NATION doit se trouver au coeur du processus de négociation et de la gestion de la transition. Ceci suppose, notamment :
L’adoption d’une solution préservant les intérêts majeurs de la population ;
La rapidité optimale dans l’aboutissement des négociations ;
Que les parties prenantes fassent preuve d’humilité et d’empathie, et acceptent de faire des concessions par rapport aux intérêts personnels et de groupe.
Du processus de négociation : les négociations doivent être inclusives et aboutir à une solution de sortie de crise consensuelle, approuvée par la société civile et le secteur privé. Un processus inutilement long ne peut que nuire à l’efficacité de la négociation. Dans ce processus, les négociateurs devraient également se référer aux valeurs et à la culture malagasy.
Du climat de négociation : la recherche d’une solution consensuelle exige un climat apaisé. Les parties prenantes doivent s’abstenir de toute surenchère et de toute escalade verbale qui radicalisent les positions.
De la mission de la transition : La transition devrait se focaliser sur le retour à la paix sociale et sur la relance de l’économie, tout en préparant la mise en place du processus consensuel qui doit jeter les bases d’une nouvelle République. De ce fait, la feuille de route devrait être claire, contrôlable et contrôlée par une entité neutre. Par ailleurs, la transition devrait se concentrer sur la gestion des affaires courantes et éviter les grands bouleversements telles que les réformes et les décisions qui hypothèquent l’avenir.
Du climat de la transition : La transition devrait être une période apaisée et sécurisée, qui permettra à la population de se consacrer sans crainte à ses activités. Elle devrait favoriser aussi l’éclosion du débat démocratique et la réflexion sur les bienfaits du « soatoavina malagasy » nécessaires à la refondation de la démocratie et des valeurs républicaines.
Des institutions de la transition : Bien que le souci d’équilibre soit compréhensible, la transition ne devrait comporter que des institutions indispensables, avec des membres en nombre raisonnable, pour ne pas constituer une charge trop importante pour l’Etat et les contribuables, en ces temps de crise internationale. La bonne gouvernance que le peuple ne cesse de réclamer doit être la règle fondamentale de gestion des institutions de la transition
De l’amnistie : L’amnistie doit être équitable et appliquée sur des critères objectifs. Il faut éviter qu’elle ne soit perçue comme se faisant au détriment du simple citoyen. A cet égard les droits des parties civiles, des victimes et de l’Etat doivent être préservés.
Le CCOC appelle de tous ses voeux la reprise et la conclusion rapide des négociations conformément à l’intérêt supérieur de la Nation et exhorte toutes les parties prenantes à faire preuve de bonne volonté et de responsabilité.





