Plusieurs indices météorologiques indiquent qu’un tourbillon pourrait approcher de nos côtes. En tout cas, l’alerte générale semble avoir été donnée.
Non, je ne vous parle pas de l’arrivée du cyclone Dando, situé à l’heure où j’écris sur le Sud du Mozambique. Et je ne parle même pas (ou plus précisément, pas encore) de la possible arrivée de Marc Ravalomanana. Au bout de quelques années d’observation météorologique, l’on finit par reconnaître des configurations relativement classiques, configurations qui permettent de distinguer plus facilement les causes des effets et de deviner les trajectoires.
S’il est une chose qui semble assurée à l’heure actuelle, c’est qu’une délégation de la SADC devrait prochainement débarquer à Antananarivo. Et tout laisse penser que c’est cette annonce qui est à l’origine des événements que nous vivons en ce début de semaine ; et non pas comme on peut facilement le croire si l’on a la vue et la mémoire un rien brouillée, l’annonce de l’arrivée de Marc Ravalomanana.
Démonstrations de force
Comme à l’accoutumée, l’annonce d’une importante mission de médiation provoque une hausse de la température et la multiplication des petites déclarations sur lesquelles tout le monde surenchérit. Il faut alors bien se garder de tout prendre au pied de la lettre, et s’efforcer de distinguer ce qui est d’une part, revendication réelle ; et d’autre part, ce qui n’est que démonstration de sa capacité à nuire et manifestation de son poids sur l’échiquier avant que les véritables discussions ne commencent.
La difficulté pour Marc Ravalomanana est que chez lui, ces deux objectifs immédiats se rejoignent. Son retour fait partie des revendications que l’on ne peut écarter de la table des discussions, d’autant que le principe de ce retour est déjà acté dans la Feuille de route. Mais comme il suffit qu’il évoque son retour imminent pour enthousiasmer ses partisans et énerver plus que de raison le camp d’en face, l’intéressé résiste rarement à la tentation d’annoncer son arrivée afin de prouver sa force et tenter de peser à l’avance sur les négociations.
Modeste et Pompon
L’on peut comprendre que l’ancien président soit fortement tenté d’utiliser son « arme atomique ». Mais l’on peut aussi douter que cela soit pour lui, et pour l’opposition en général, la manière la plus efficace de défendre leurs véritables intérêts à terme. Il suffit d’observer les réactions – à l’instar de la médiatisation soudaine de ces entraînements à l’aéroport d’Ivato faisant pourtant partie de la routine trimestrielle – pour constater que si certains proches du pouvoir veulent bien laisser Marc Ravalomanana rentrer au pays, bien rares parmi eux sont ceux qui sont prêts à laisser l’ancien président présenter son retour comme étant dicté par lui et à ses propres conditions.
Et surtout pas Andry Rajoelina qui semble avoir gardé quelques griefs des accusations d’unilatéralisme à une certaine époque. Celui là n’entend probablement pas laisser l’homme de Sandton trancher tout seul de son avenir.
Marc Ravalomanana arrivera-t-il alors à cultiver un peu de modestie ? Ce serait un changement climatique bienvenu, pour son avenir et pour celui du pays.




