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lundi 26 septembre 2016
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Droit

Ces décrets qui font d’eux des êtres supérieurs !

vendredi 20 mars 2015

Ces décrets présidentiels qui les nomment et font d’eux des êtres supérieurs ! Le président de la République est élu par le peuple. En le choisissant, le peuple pense donc qu’il est la personne idéale pour conduire sa destinée. Pour lui, cette personne, donc le président de la République, est digne de confiance et à la hauteur de la fonction, pour l’accompagner dans son épanouissement humano-social. C’est ainsi qu’en étant le choix du peuple, le président de la République est, avant tout, au service de ce dernier.

Ensuite, pour exercer sa fonction de chef suprême de la nation, le président de la République s’organise en mettant en place une équipe ayant pour mission principale de l’aider à servir le peuple. Pour cela, il doit nommer des personnes censées être désignées, premièrement sur la base « de l’intelligence » qui est la leur, et qui sont donc aptes à lui apporter leur expertise dans les différents secteurs de la vienationale. D’où les nominations pardécret présidentiel.

Une nomination par décret présidentiel est l’expression de la confiance que le président de la République accorde non seulement à la personne nommée, mais aussi à ses compétences. Le président croit en cette personne et en ses capacités à l’aider à traduire en actes, les orientations qu’il donne. Orientations qui sont issues des promesses faites au peuple. Donc, lorsque l’on est nommé par décret présidentiel, on devient systématiquement le dépositaire, mieux encore le moteur de la politique d’optimisation du programme d’activités du chef de l’Etat. Les uns et les autres nommés sont les chevilles ouvrières de la matérialisation de la vision du président.

Aussi, les personnes nommées par décret présidentiel, bien qu’étant au service du président de la République, sont, à l’instar de ce dernier, au premier abord, au service du peuple.

Cependant, dans nos pays, notamment africains (...), il est déplorable de constater que, de nos jours, les nominations par décret présidentiel sont devenues sujettes à des interprétations vicieuses de la part de ceux qui en bénéficient. En effet (...), quand on est nommé par décret présidentiel à un quelconque poste de responsabilité, on devient un super-homme, donc un intouchable (…).

Vous êtes tout et vous pouvez tout afin d’expliciter cette pensée, nous vous présentons les deux principales caractéristiques de ces bénéficiaires de nominations par décret présidentiel qui croient être devenus le centre du monde :

1- l’égocentrisme :

Très imbus de leur personne, ils ont une très haute opinion d’eux-mêmes. Ils pensent, dans la plupart des cas, avoir les meilleurs atouts non seulement intellectuels, mais aussi physiques. Ils prétendent avoir la science infuse, en ayant des réponses à tout. Même dans les domaines où leurs connaissances sont limitées ou sont quasiment inexistantes, ils veulent toujours avoir le dernier mot, même face aux professionnels du domaine concerné. Pensant qu’ils sont des êtres hors du commun, dotés de quotients intellectuels surélevés, ils sont remplis de préjugés vis-à-vis des personnes faisant partie de leur environnement tant professionnel que social. Ils ont tendance à tout ramener à leur personne et, donc, tout tourne autour d’eux. A la limite, les autres n’existent pas. Grégoire Lacroix, journaliste poète français, disait : « Il y a des gens tellement égocentriques que, fermant les yeux, ils croient que le monde s’est éteint ». Leur égo étant surdimensionné, ils en sont arrivés à se convaincre que le décret présidentiel qui les nomme, les immunise de toute éthique professionnelle.

Seulement, ce que ces égocentristes que nous appelons également narcissistes oublient, c’est que leurs attitudes ne sont pas faites pour les aider à remplir, avec brio, les fonctions qui sont les leurs. Pendant qu’ils croient se mettre en valeur et exceller en agissant de la sorte, ils ne se rendent pas compte qu’ils sont en réalité en train de réduire leur chance de réussite, car à force de frustrer et humilier ceux qui sont censés travailler avec eux à l’atteinte les résultats attendus, ceux-ci finissent par se lasser de leurs manières inintelligentes, voire inhumaines dans la gestion du potentiel humain qu’ils ont la charge de conduire.

Ces personnes, qui sont, en fait, des collaborateurs ayant franchi le stade du ras-le-bol, plongent dans l’expectative, la léthargie et, pire encore, l’hypocrisie, la fourberie. Dans l’attente frénétique de voir ces responsables être dégommés de leurs postes, ils trouvent tant soit peu leur plaisir et leur consolation à les voir patauger dans les sinuosités de leur médiocrité flagrante. A quelques exceptions près, la plupart de ces responsables ont, le plus souvent, échoué, car n’est-ce pas que nul ne se suffit à lui-même ? Une seule intelligence, si encore c’en est une, ne peut construire le monde.

2- la délinquance :

C’est manquer à son devoir, fauter. Mieux encore, la délinquance, c’est l’atteinte à la réglementation et à l’ordre public. Partant de ces définitions assez circonscrites, l’autre caractéristique de ces responsables en réalité irresponsables, c’est la délinquance. Ils posent des actes qui frisent, parfois, la délinquance, parce que, pour la plupart d’entre eux, la nomination par décret présidentiel leur donne le visa pour faire de la chose publique, une propriété privée. Le décret présidentiel est, pour ces soi-disant dirigeants, « le sésame ouvre-toi », pour casser les caisses de l’Etat. Dans les structures dont ils ont la direction, ils ordonnent et engagent des dépenses sur la base de procédures dont eux-mêmes ont le secret. Les procédés comptables classiques sont devenus, pour eux, caducs. D’où l’obligation, pour eux, d’innover, semble-t-il, dans le but d’améliorer le système de gestion des finances de leurs entités. Ce qui est faux, car la réalité, c’est qu’ils ne font que rendre plus performantes leurs techniques de détournement des deniers publics.

Pour arriver à leurs fins, ils ont pour outil de prédilection, le mensonge. Ces responsables vont d’un mensonge à un autre, d’une affabulation à une autre, sans état d’âme. Très changeants dans leurs propos, inconstants dans leurs décisions, ils naviguent vers des lendemains incertains, avec pour unique certitude d’avoir, d’une manière ou une autre, gonflé leurs comptes en banque. Selon l’écrivain français Daniel Penac, « la naissance de la délinquance, c’est l’investissement secret de toutes les facultés de l’intelligence dans la ruse ». Ils peuvent tout faire, car ils se croient tout permis : frauder, détourner, marginaliser, tyranniser, voire pousser les autres au désespoir et même à la mort. Ils en ont le pouvoir, au nom du président de la République.

Ayant de la sorte failli à leur mission fondamentale qui est de servir le peuple sous l’autorité du chef de l’Etat, ce que semble ignorer la plupart de tous ces nommés par décret présidentiel qui passent leur temps à se servir dans les caisses des sociétés qu’ils dirigent, ou à truquer des mandats au trésor public, à prendre des libertés par rapport aux lois et règlements de la République, au nom du président de la République, c’est qu’il y a des analystes, des penseurs, des scientifiques qui, au quotidien, observent et prennent des notes sur l’évolution de notre pays. Aussi, combien même aujourd’hui, ces prédateurs des richesses nationales croient-ils être à l’abri de tout ennui judiciaire, de toutes sanctions, qu’ils retiennent qu’à un moment ou à un autre, ils seront appelés à répondre de leurs actes délictueux. Et même si eux-mêmes ne passent pas au jugement, leurs descendants, dont l’avenir est, depuis fort longtemps, hypothéqué, devront faire face à la vindicte populaire. La justice n’étant pas faite que pour les faibles, il faudra bien qu’elle soit appliquée sur ces actuels impénitents qui, à l’exemple de n’importe quels autres justiciables, vont devoir subir les peines relatives à leurs méfaits.

Poursuivant notre réflexion, nous tenons à rappeler et souligner que le décret présidentiel, c’est quand même le sceau du chef de l’Etat, chef suprême de la nation, garant de l’intégrité de l’Etat. Ce qui nous amène à dire que tout document portant la griffe du chef de l’Etat mérite une respectabilité qui ne doit souffrir d’aucune défaillance. Ceci, pas seulement dans le sens où il accorde des privilèges à ceux qui en bénéficient, mais aussi parce que c’est une accréditation faite par le président de la République dans toute sa souveraineté. C’est en cela aussi que nous devons exiger le respect de notre souveraineté nationale (à l’intérieur comme à l’extérieur de notre pays) qui passe par le respect de nos institutions, des textes et lois qui les définissent et du chef de l’Etat qui se doit d’en garantir l’authenticité.

Le décret présidentiel qui nous élève à un certain rang de dignité n’est pas fait pour nous déshumaniser. Il n’est pas également un bout de papier anodin, dont nous devons nous servir pour justifier notre ignorance, notre incompétence, notre médiocrité (…).

Mme Itoua EKAMBA-ELOMBE ; Publié le 17/03/2015 par comoresdroit
Source : http://www.lasemaineafricaine.net

13 commentaires

Vos commentaires

  • 20 mars 2015 à 09:54 | revysaditra (#8500)

    Qu’est-ce qu’un décret présidentiel ?
    Lors de son troisième jour de fonction, le président Obama a pris un décret présidentiel interdisant certaines techniques interrogatoire utilisées par la CIA après les attaques du 11-Septembre 2001.
    — -
    Rien n’évolue à GUANTANAVOHITRA !!!
    ...en attendant l’avènement de 2018 pour un retour à la tête du pays.
    — -
    ORANGE est la couleur des BOURREAUX...
    ...fantôme et détenue de GUANTANAMO
    http://youtu.be/e2zt3ggQZ5s
    — -
    Incarcéré à Antsiranana à partir du 13/10/2014... puis en résidence survéillée à FARAVOHITRA, depuis le 25 décembre 2014 (J+158)
    — 
    NE L’OUBLIONS PAS !
    Il désire le pouvoir comme les anneaux de Tolkien !
    http://youtu.be/uMsmgKk6m0U
    — 
    I
    MADA

  • 20 mars 2015 à 09:59 | jangobo (#8776)

    Le bon sens nous vient des Comores.

    Le Président de par son élection croit qu’il est le seul à posséder la raison et il ne souffre pas qu’on le critique.

    Le dernier en date est la nomination d’un Colonel de Gendarmerie, sans qualités au poste de responsable des ports maritimes et le personnel monte sur les barricades pour dénoncer ce copinage flagrant.

    Qui va avoir raison ? Le personnel ou le mal nommé.

    Le staff de nos institutions ministérielles ne se reconnaît pas au service du peuple et bonjour les dégâts. Comme ils ne savent pas qu’ils ne savent pas, les résultats seront des pertes nettes.

    Et ils vont dire après qu’au moment où ils ont appris le métier, on les déboulonne.

    Messieurs, ce n’est plus le moment du tatônnement. Des résultats tangibles ou passez à la trappe.

    • 20 mars 2015 à 10:07 | claude (#3141) répond à jangobo

      « Le bon sens nous vient des Comores. »

      Vous avez mille fois raison. Il ne reste plus qu’a raccourcir le discours et a en faire un matraquage pour etre plus efficace. pensez-y.

    • 20 mars 2015 à 10:46 | jangobo (#8776) répond à claude

      Le sociologue Paul Rabary en a fait son cheval de bataille lorsqu’il n’était pas encore ministre.

      Maintenant, il se tait puisqu’il a été nommé par décret. Pour dire que les gens changent lorsqu’ils reçoivent l’accord du roi.

      Et rebelote pour les 100 jours après ceux de Rolland Ratsiraka.

      Le gouvernement se démène pour la réparation des routes. Et Andriamanjato n’a que ses yeux pour pleurer puisqu’il n’est pas partie prenante dans cette mainmise de Rakotoneuf.

      Et dire qu’ils espèrent faire passer cette loi de subordination de l’élu au désigné.

    • 20 mars 2015 à 18:38 | Raanona (#8467) répond à jangobo

      Tient, en parlant des 100 jours et des routes...
      La réhabilitation de la portion de route de Talatamaty sur la RN 4 a commencé début janvier et n’est pas encore terminée à ce jour, alors qu’elle fait à peine un kilomètre !

  • 20 mars 2015 à 10:56 | mpitily (#1212)

    Malheureusement, chez nous, même ceux qui ont reçu la confiance du peuple n’en sont pas dignes (PRM et députés) et font exactement ce que cet article dénonce. Ce sont les premiers à être imbus de leurs personnes et à se croire au dessus de la loi et à trahir le peuple et la nation. Ne nous-étonnons pas alors que ceux que le PRM va désigner par la suite copient sur lui.

    Ils sont tous pourris nos politicards. Vivement leurs évictions et l’avènement d’une nouvelle race de politiciens patriotes et sages.

    TSZRRRR

    • 20 mars 2015 à 11:18 | RAMAHEFARISOA Basile (#6111) répond à mpitily

      Vous parlez des « dépiotés »,en particuliers ceux d’Antananarivo :
      - "Miaraka Amin’i...
      - Zanak’i...
      - Mouvance ...
      - "REPRESENT-ILS VRAIMENT LE PEUPLE de Madagascar3.

      Basile RAMAHEFARISOA-1943
      b.ramahefarisoa gmail.com

    • 20 mars 2015 à 14:05 | herim (#8498) répond à RAMAHEFARISOA Basile

      Quoiqu’il en soit, ils ont été ELUS et forcément ils représentent leurs électeurs, contrairement à ceux qui ont été NOMMES.

  • 20 mars 2015 à 11:27 | jangobo (#8776)

    Cet avènement sera une utopie de plus.

    On dit que seuls les imbéciles ne changent pas mais à voir l’imbécilité à la tête de l’Etat, je doute fort.

    A dire toujours qu’on a raison même pour des propos iraisonnés, je ne vois rien venir à l’horion (c’était Barbe bleue ?)

  • 20 mars 2015 à 12:06 | Paulo Il leone (#6618)

    Les décrets ne font PAS d’eux des êtres supérieurs... ils leur donnent l’illusion de la supériorité ; à vous, Malgaches, de ne pas les conforter dans cette illusion en leur donnant du « président » par ci, du « directeur » par là !

    Tant que les Malgaches resteront champions du monde du rond de jambe et de l’obséquiosité, ces bouffons se croiront au dessus du commun des mortels !

    Vive la culture de la servilité une et indépendante !

  • 20 mars 2015 à 13:31 | plus qu’hier et moins que demain (#6149)

    Assalaamo alaikoum

    A quoi bon un bon diagnostic si on n’arrive pas à proposer les remèdes adéquats pour guérir ces maux.
    C’est le lot des élites des pays en voie de développement de mettre en évidence les maux tout en oubliant l’essentiel, les traitements y afférents : préventifs (éducation) et curatifs (les sanctions).
    Quant les institutions mises place ne font pas leurs devoirs en bon père de famille, ces tares auront encore de beau jour devant eux.
    Au moins le PR OBAMA l’a souligné : « L’Afrique a plus besoin d’institutions fortes que d’hommes forts ».

  • 20 mars 2015 à 13:58 | FINENGO (#7901)

    CLAUDE, nous dit que, Je cite : Le Bon sens nous vient des Comores.

    Je ne pense pas que le Bon sens vient des Comores où d’ailleurs, car ceci revient à dire qu’un voleur n’est pas conscient de ses actes.

    La Seule et Unique chose que je puisse dire, C’est que le Peuple est dans un Etat de léthargie Totale, qui donne la Possibilité aux POURRIS DIRIGEANTS de pouvoir fomenter et mettre sur Pied l’ INCONCEVABLE.

    Depuis des décennies, Mis à part en 1972, le Peuple n’a jamais manifesté son désaccord vis avis du Pouvoir.
    Cette situation, en ce qui me concerne, me donne un Pré-sentiment, qui de loin ou de prêt ne sent pas la Rose.
    A moins que le Peuple est pris dans une somnolence d’hypnose qui durera encore des années, ou attendons nous à assister à un soulèvement Populaire par un RAS LE BOL de subir et encore subir.

    Comme l’on dit Chaque chose a une FIN. Mais nos dirigeants semblent ignorer cette réalité en faisant les sourds et prennent du Plaisir à ruiner le Pays.
    Qu’ils continuent à prendre du Plaisir, ça ne saurait tardé à leur tomber sur
    la Poire. Ils finiront bien par comprendre à quoi ressemble la colère d’un Peuple qui n’a plus rien à Perdre.

    • 20 mars 2015 à 16:54 | jangobo (#8776) répond à FINENGO

      Aux premières années de son règne, Ratsiraka s’est trouvé en difficultés à cause du claquage de portes effectué par la France ; il a donc dû se tourner vers les marchands de canons : la Russie.

      Le peuple était mal en point mais n’a pas cru bon de se révolter.

      Actuellement, nous sommes dans la même situation avec les bailleurs de fonds qui avancent et reculent et tournent en rond.

      Pour ce qui est de se révolter, la population ne bougera pas le petit doigt car l’Armée attend de pied ferme ceux qui oseront avec leurs grenads lacrymogènes et poudres à éternuer.

      De plus, ventre vide ne réclame pas puisque tout le monde est occupé à chercher son bol de riz, ce qui n’est pas propice à une révolte.

      Et le petit et consorts ne trouvent plus de sponsors pour d’autres 26 janvier et 07 février.

      Il faut attendre des jours meilleurs.

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